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Sénégal: un général dénonce certaines pratiques au sein de la gendarmerie

Publié le 14/12/2018 à 15h40 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Société
Gendarmerie sénégalaise
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#Sénégal : Le général Moussa Tall, commandant de la gendarmerie territoriale, révèle l’existence de caisses noires gérées par de hauts gradés. Une enquête a même été diligentée pour arrêter ce scandale qui fait tâche noire au niveau de ce corps d’élite.

Des gradés de la gendarmerie nationale sénégalaise sont en train de perdre de leur intégrité. C’est du moins ce que pense le général Moussa Tall, commandant de la gendarmerie territoriale, qui dénonce des rackets perpétrés par des éléments de ce corps au bénéfice de la hiérarchie.

Pointant du doigt trois brigades des régions sud, centre-ouest et centre, dans une note interne qui aurait fuité le week-end dernier, ce haut gradé affirme avoir découvert l’existence de caisses noires gérées directement par certains officiers de la gendarmerie. Et pour en savoir plus sur ces «caisses illicites», une enquête a même été ouverte.

«Des caisses sont ouvertes au nom de l’unité sans aucun fondement légal. De telles pratiques scandaleuses n’honorent pas la valeur incarnée par le gendarme», a soutenu le commandant de la gendarmerie territoriale, le général Tall.


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Il y va même plus dans les détails et précise que «la caisse journalière du commandant de brigade est tenue à hauteur de 10.000 francs CFA ou plus, la caisse hebdomadaire établie à 15.000 francs CFA par jour, et enfin la caisse spéciale du commandant de brigade avec des versements de 100.000 francs CFA, une à deux fois par semaine».

Le commandant de la gendarmerie territoriale a tapé sur la table pour que ces gradés soient dénoncés afin qu’ils mettent fin, et dans les meilleurs délais, à ces pratiques qui ne sont pas dignes d’un homme de loi.

A noter que ce n’est pas la première fois qu’un haut, responsable des services d’ordre, dénonce des pratiques peu orthodoxes de la part de ses subordonnés.


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Réagissant au rapport de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) qui faisait état d’une certaine corruption au sein de la police nationale, le 27 décembre 2017, le Commissaire Omar Maal, alors directeur général de la police, avait lui aussi rappelé à l’ordre ses hommes. C’était lors de la visite des installations de la police à l’occasion de la 26e édition de la Foire internationale de Dakar.

L’Ofnac avait soutenu que «90% des agents de la police étaient corrompus». «On ne les encourage pas. On les exhorte à se ressaisir, à comprendre qu'ils sont au service de la nation. Ils ne doivent pas se servir de la nation», avait dit l’ancien directeur général de la police.


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«Ces éléments qui sont sur la voie publique, qu'on accuse à tort ou à raison de verser dans la corruption, ne sont pas défendables. Car c'e sont des fonctionnaires comme tous les autres, qui ont un salaire à la fin du mois et pour mériter ce salaire, il faut éviter d'y mêler le moindre sou illicite. Parce que, tout compte fait, nous sommes tous des gens du livre», avait ajouté le commissaire Omar Mall.
Le 14/12/2018 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé