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Tunisie: les réserves de change n’assurent plus que 76 jours d’importation

Mise à jour le 21/03/2018 à 13h47 Publié le 21/03/2018 à 13h33 Par Moussa Diop

#Economie
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#Tunisie : Les réserves de change du pays du jasmin continuent à s’amoindrir. Selon les dernières données de la Banque centrale tunisienne (BCT), elles n’assurent désormais que 2 mois et demi d’importations. Ce qui commence à inquiéter les autorités.

La tendance baissière des réserves de change de la Tunisie se poursuit, au point que leur niveau commence à inquiéter. En effet, selon les données de la Banque centrale tunisienne, les réserves de change se sont établies à 10,846 milliards de dinars, soit 3,64 milliards d’euros, à la date du 19 mars 2018, contre 11,56 milliards de dinars le 23 février dernier.

Elles n’assurent plus que 76 jours d’importations et biens et services, soit 2 mois et demi, contre 102 jours à la même période de l’année dernière.

Il s’agit ainsi du plus bas niveau des réserves en devises du pays depuis 16 ans, malgré l’embellie retrouvée par le secteur touristique et les importants emprunts extérieurs en devises de ces derniers mois.


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Derrière cette dernière baisse, il y a bien évidemment la conjoncture économique difficile que traverse le pays. La détérioration des balances commerciale et des opérations courantes contribue fortement à la chute des réserves de change.

En effet, à la faiblesse des investissements directs étrangers s'ajoute celle des recettes du secteur touristique, malgré l’embellie retrouvée. La Tunisie attire un tourisme de masse, peu générateur de recettes de voyage. Tout cela que l’Etat a du mal à renflouer les avoirs extérieurs.

En outre, la baisse des réserves durant ce mois de mars s'explique en grande partie par le niveau des exportations de phosphates qui constituent l’une des principales sources de devises du pays. Le secteur a été affecté en février dernier par les manifestations de jeunes Tunisiens qui ont bloqué l’entrée des mines pour exprimer leur désarroi face au chômage.


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Du coup, la situation commence à inquiéter les autorités et notamment le nouveau gouverneur de la Banque centrale, Marouane El Abassi.

En effet, la chute inexorable des recettes constitue une menace potentielle sachant que le pays doit faire face à un service de la dette extérieure de plus en plus important et doit en même temps assurer le paiement des importations (produits alimentaires, énergie, etc.) durant les prochains mois.

A court terme, l’Etat tunisien table sur les exportations d’huile d’olive et particulièrement des dattes dont la production a atteint cette année un niveau record et qui devraient connaître des pics d'exportation durant les mois d’avril et de mai grâce à l’effet ramadan.
Le 21/03/2018 Par Moussa Diop

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