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La Tunisie a presque raté sa sortie sur le marché de la dette

Mise à jour le 25/10/2018 à 20h22 Publié le 25/10/2018 à 19h54 Par Karim Zeidane

#Economie
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#Tunisie : Le montant de l’eurobond a été réduit de presque la moitié, à 570 millions, contre 1 milliard de dollars annoncé auparavant. Les grands investisseurs n'ont pas répondu présents et le taux proposé est finalement très élevé.

La sortie de la Tunisie sur le marché de la dette a été presque un échec. Alors qu’il était prévu une levée d’un montant de 1 milliard de dollars, les autorités tunisiennes et leurs conseillers, après avoir palpé le pouls des investisseurs, ont finalement rabaissé le montant de moitié, à 570 millions de dollars, soit 500 millions d’euros.

L’opération a attiré 120 investisseurs pour des souscriptions atteignant 1,25 milliard d’euros. Ce qui signifie clairement que l’opération n’a attiré que de petits investisseurs aux moyens limités qui souhaitent investir dans la catégorie spéculative moyennant une prime de risque élevée et par ricochet de bons rendements.


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Parallèlement, le taux servi aux investisseurs pour cet emprunt est élevé. Il s’établit à 6,75% pour une maturité de 5 ans. Un niveau qui s’explique par la prime de risque élevée. Rappelons qu’en janvier 2017, la Tunisie avait émis deux emprunts de 1 milliard de dollars et 850 millions d’euros, au taux de 5,75%.

C’est dire que le coût de cette sortie est élevée, surtout quand on tient compte des autres frais occasionnés par cet emprunt, payés aux 4 banques –Deutsche bank, JP Morgan Chase & Co, Citi Group et Natixis- qui ont arrangé cette opération.


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Cette situation s’explique essentiellement par le fait que la conjoncture et le timing de sortie ne sont pas favorables. La Tunisie traverse une situation économique difficile avec des déficits jumeaux élevés et des réserves en devises qui continuent de s’effondrer, et ce malgré l’amélioration de la conjoncture économique grâce au tourisme et à certains secteurs exportateurs (huile d’olive, dattes, etc.). Toutefois, les investisseurs sont inquiéts de l'impact des augmentations des salaires signées entre le gouvernement et l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) sur le déficit budgétaire sachant que la masse salariale pèse 15% du PIB du pays. 

Parallèlement, le timing de cette sortie sur le marché des capitaux n’est pas favorable. Outre les mauvaises conditions du marché, elle intervient après la baisse de la notation de la Tunisie par l’agence Moody’s.
Le 25/10/2018 Par Karim Zeidane