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Tunisie: le PIB chute de 21,6% au second trimestre

Mise à jour le 18/08/2020 à 13h01 Publié le 17/08/2020 à 13h55 Par Moussa Diop

#Economie
entreprises tunisiennes
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#Tunisie : Les conséquences de la crise sanitaire sur l’économie tunisienne sont catastrophiques. La baisse de croissance est beaucoup plus prononcée que les prévisions des institutions financières internationales. Au second semestre, le PIB recule et le chômage poursuit sa hausse.

En Tusinie, les conséquences économiques de la crise du coronavirus sont beaucoup plus importantes que prévu. Selon les données distillées par l’Institut national de la statistique (INS) relatives aux comptes nationaux trimestriels et les résultats de l’enquête emploi au second trimestre 2020, les évolutions des principaux indicateurs macroéconomiques sont plus qu’inquiétantes.

Ainsi, le produit intérieur brut (PIB) a affiché une évolution négative de -21,6% en glissement annuel au second trimestre 2020 et de -20,4% par rapport au premier trimestre de l’année. L’économie tunisienne a ainsi «enregistré sa plus forte contraction depuis que les comptes trimestriels sont élaborés par l’INS», a souligné Adnen Lassoued, directeur général de l'institut, ajoutant que «cette baisse inédite du PIB, de 21,6% en rythme annuel, a touché quasiment tous les secteurs d’activité en dehors de l’agriculture».


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Les services et les industries manufacturières ont été durement affectés par la crise sanitaire. Au niveau des services, les activités des hôtels, cafés et restaurants ont chuté de -77,5% durant le second trimestre en glissement annuel, à cause notamment de la fermeture des frontières et de l’impact du confinement et de l’état d’urgence. Les services du transport ont également dévissé de -51,4% pour les mêmes causes.

Au niveau de l’industrie, les secteurs les plus touchés ont été ceux des industries exportatrices (-42%), les industries des matériaux de construction (-38,4%), l’industrie textile (-35,9%) et les industries manufacturières (-27%).


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Le confinement durant le second trimestre de l’année en cours a en effet entraîné un quasi-arrêt de l’activité économique du pays. Le secteur stratégique du tourisme a été l’un des plus affectés durant cette période du fait de la fermeture des frontières.

Les pertes d’emplois ont connu une hausse exceptionnelle, on les estime à 161 000 sur le trimestre. Les secteurs les plus concernés ont les services (-52.700 postes), l’industrie manufacturière (-51.900 postes) et la construction (-46.800 postes).

Du coup, le taux de chômage a connu un bond notable pour atteindre 18% avec un nombre de chômeurs estimé pour le deuxième trimestre 2020 s’établit à 746400 du total de la population active. Il s’agit du niveau atteint par le pays en 2011, au lendemain du «Printemps arabe».


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Reste que ce niveau reste inférieur à celui projeté par les autorités qui tablent sur un taux de chômage qui pourrait atteindre 22% de la population active.

Pour le reste de l’année, la situation pourrait s’améliorer grâce au déconfinement de l’économie tunisienne et à la réouverture des frontières du pays. L’économie tunisienne a repris graduellement et la production industrielle et les échanges extérieurs de marchandises tendent à retrouver graduellement leur situation de fin 2019. Du coup, le taux de chômage a commencé à décliner pour tomber 16,6% en juin dernier après avoir culminé à 19% en avril, en plein confinement.


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Avec le déconfinement et l’ouverture des frontières, l’évolution du PIB devrait s’améliorer significativement durant les deux prochains trimestres, si bien évidemment la situation sanitaire s’améliore en Tunisie et chez ses partenaires économiques européens. Les estimations officielles tablent sur une récession d’au moins 7% pour 2020. La Banque africaine de développement (BAD) envisage une récession de -4,0%. La Banque mondiale prévoyait une récession de -4,3%. 

La Tunisie fait par ailleurs face à une situation politique délicate suite à la démission du gouvernement et aux difficultés à en former un nouveau, alors même que le pays a besoin d’un programme de relance économique et d’un nouveau modèle de développement.
Le 17/08/2020 Par Moussa Diop