Tunisie: l'anniversaire de Bouazizi célébré avec de nouvelles auditions des victimes de la dictature

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Le 18/12/2016 à 11h13

Les auditions publiques des victimes de la dictature en Tunisie ont repris vendredi soir et se poursuivront ce samedi 17 décembre, date marquant l'anniversaire de l'immolation par le feu du Mohamed Bouazizi qui avait déclenché la révolution

De premiers témoignages ont été entendus les 17 et 18 novembre dans le cadre de ces auditions organisées par l'Instance Vérité et Dignité (IVD), créée fin 2013 pour faire la lumière, en cinq ans maximum, sur les multiples violations des droits de l'Homme de ces dernières décennies.

Dans un local destiné aux avocats, près de Tunis, Mehrezia El Abed, qui a été emprisonnée pour son appartenance au parti islamiste Ennahda, sous le régime du président Zine El Abidine Ben Ali, commence son récit dans un silence total.

«Il n'y a pas un jour qui passe sans que je me rappelle ce que j'ai vécu dans la chambre de torture au ministère de l'Intérieur (...), j'ai connu toutes les formes de torture au point de souhaiter ma mort», a-t-elle raconté.

«La liberté n'est pas une chose facile! Nous respirons maintenant Liberté! vous devez la préserver!, dit-elle en larmes au public, des hommes politiques, des représentants de la société civile et des proches de victimes, très émus.

Créée durant la transition démocratique née de la révolution de 2011 contre le régime Ben Ali, point de départ du printemps arabe, cette instance autonome est chargée aussi de réhabiliter les victimes et de leur octroyer réparation.

La période sur laquelle elle enquête s'étend de juillet 1955 à fin 2013. L'IVD dispose de très larges pouvoirs et a --en principe-- un accès total aux archives publiques. Les crimes dont elle peut être saisie vont de l'homicide volontaire à la torture, en passant par le viol, les exécutions extrajudiciaires, la privation de moyens de subsistance et la violation de la liberté d'expression.

La deuxième partie des auditions va reprendre samedi 17 décembre, une date hautement symbolique puisqu'elle marque l'anniversaire de l'immolation par le feu du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi, un incident qui avait donné le coup d'envoi il y a six ans de la révolte contre le régime Ben Ali ayant abouti à sa chute le 14 janvier 2011 et sa fuite avec sa famille en Arabie Saoudite.

Malgré le caractère historique du rendez-vous, ni le président Béji Caïd Essebsi ni le chef du gouvernement Youssef Chahed n'ont assisté à ces nouvelles séances publiques de l'IVD.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 18/12/2016 à 11h13