Afrique du Sud: Standard&Poor’s met en garde contre les conséquences de la tension politique

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Le 01/10/2016 à 10h48, mis à jour le 01/10/2016 à 20h25

L’agence internationale de notation Standard & Poor’s (S&P) a mis en garde contre les conséquences de la tension politique qui prévaut en Afrique du sud sur les perspectives de croissance dans ce pays déjà plombé par un ralentissement inquiétant.

Cette tension politique complique le processus de réforme, a dit l’agence, appelant les autorités sud-africaines à dépasser les problèmes politiques qui assombrissent la trajectoire d’avenir du pays.

L’Afrique du sud est plongée dans une incertitude politique, résultat des scandales ayant entaché ce deuxième mandat du président Jacob Zuma et des conflits de ce dernier avec son ministre des Finances, Gordhan Pravin.

Ce dernier a récemment été convoqué par les élites spéciales de la politique sud-africaine dans une affaire d’espionnage.

Nommé par Jacob Zuma en décembre 2015 au poste de ministre des finances en remplacement de Nhlanhla Nene, Pravin Gordhan fut commissaire du fisc sud-africain de 1999 à 2009. En 2014, des allégations ont fait état de l’existence d’une unité au sein de ces services qui aurait espionné des hommes politiques, dont le président Zuma.

Ce développement a semé la confusion au sein de la communauté d’affaires, qui commence à voir avec précaution l’avenir du pays.

Appelant les autorités sud-africaines à faire montre de prudence, l’agence S&P a souligné par la voix de son analyste pour l’Afrique subsaharienne, Konrad Reuss, que l’actuel climat de tension et de troubles politiques pose de nombreux défis, en particulier au niveau de la mise en œuvre de réformes structurelles salutaires pour l’avenir du pays.

Les institutions financières internationales n’ont eu de cesse d’appeler à ces réformes, nécessaires, selon elles, pour stimuler une croissance au point mort depuis plusieurs mois.

Selon les prévisions de la banque centrale sud-africaine, l’économie du pays devra enregistrer une croissance quasi-nulle en 2016 en raison de plusieurs facteurs dont la baisse des cours des matières premières, la sécheresse et l’incertitude politique.

"Le retour d’une croissance économique soutenue est important pour nous", a dit Konrad, dont l’agence se prépare à réviser la note souveraine sud-africaine en décembre prochain.

Par Le360 Afrique (avec MAP)
Le 01/10/2016 à 10h48, mis à jour le 01/10/2016 à 20h25