Guinée. «Il n’y avait pas d’autres issues possibles»: la victoire du parti présidentiel aux législatives vue par des analystes

Le 09/06/2026 à 13h03

VidéoPour de nombreux analystes, la large victoire de Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) et de ses alliés aux législatives et communales du 31 mai était prévisible au regard du contexte politique et de la configuration de la compétition électorale.

Avec plus de 100 sièges sur les 147 que compte la future Assemblée nationale de Guinée, la GMD et ses alliés se sont assurés une majorité confortable au Parlement. Un résultat qui ne surprend guère.

Après quatre années de transition politique et une présidentielle, le chef de l’Etat avait fixé au 24 mai les législatives et les communales, une étape importante avant le retour à l’ordre constitutionnel après le putsch du 5 septembre 2021.

Pour l’analyste politique Laye Moussa Kouyaté, l’issue du scrutin était écrite d’avance. «Ce n’est pas surprenant, puisque lorsque l’on analyse le paysage politique actuel de la République de Guinée, on sait que la GMD est le parti au pouvoir. Or, en matière politique, tout parti au pouvoir cherche un équilibre institutionnel pour asseoir sa base politique et faire passer plus facilement ses réformes à l’Assemblée nationale. Tout semble avoir été préparé de manière à assurer à la GMD une place importante dans l’échiquier politique national».

La GMD est le mouvement lancé en 2025 pour structurer les ambitions politiques du président Mamadi Doumbouya et soutenir sa vision «Bâtir Ensemble !»

Une analyse que rejoint Saikou Barry, qui met l’accent sur l’absence de plusieurs formations politiques dans la course électorale. «Il n’y a pas eu de surprise parce qu’il n’y avait pas d’autres issues possibles. La raison est toute simple: les principaux partis politiques qui auraient pu créer une dynamique différente ou apporter des changements significatifs n’étaient pas présents. Dès lors, il ne peut y avoir de surprises».

Au-delà du constat, les experts s’intéressent déjà aux défis qui attendent les futurs députés et le prochain gouvernement.

Pour Laye Moussa Kouyaté, l’enjeu est désormais de transformer cette majorité politique en réformes concrètes. «Il convient de se pencher sur quelques principes importants. Premièrement, il y a la nécessité d’une refonte systématique et substantielle de nos institutions afin de renforcer leur crédibilité. Il est également indispensable de procéder à l’examen des lois existantes pour qu’elles s’adaptent aux réalités actuelles du pays. Certaines dispositions peuvent en effet apparaître inadaptées au contexte national, d’autant plus que nous sommes sortis de la transition. Il importe pour ce nouveau pouvoir de porter une attention particulière aux questions liées aux finances publiques, en analysant les différents défis qui se posent dans ce domaine».

Pour ces observateurs, les résultats provisoires du scrutin ne marquent donc pas seulement la victoire du camp présidentiel. Ils ouvrent surtout une nouvelle phase politique dont les premières décisions permettront de mesurer la capacité des nouvelles institutions à répondre aux attentes des Guinéens.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 09/06/2026 à 13h03