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Algérie-CEDEAO: Alger veut négocier un accord commercial préférentiel

Mise à jour le 01/01/2019 à 14h19 Publié le 01/01/2019 à 13h42 Par Moussa Diop

#Economie
CEDEAO

#Algérie : L’Algérie souhaite conclure un accord commercial préférentiel avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). Elle compte aussi organiser et multiplier sa présence dans les salons africains pour promouvoir le «Made in Algérie».

L’annonce du Maroc de son intérêt d’adhérer à la CEDEAO a suscité des réactions en chaine au niveau des pays maghrébins. Après la Mauritanie qui a sollicité un accord d’association avec ce groupement régional et la Tunisie qui a demandé le statut d’observateur, c’est autour de l’Algérie de faire un pas vers la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO).

Selon Saïd Djellab, ministre algérien du Commerce, qui intervenait lors de la cérémonie de clôture de la Foire de la production algérienne, l’Algérie envisage d’entamer des négociations avec la CEDEAO en vue de conclure un accord commercial préférentiel visant à faciliter l’accès des produits algériens à cette région. Le ministre justifie cette option politique par «l’orientation stratégique du pays vers son continent qui représente son espace naturel».


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Selon le ministre, Alger a déjà entamé des négociations avec la Mauritanie, l’une des portes d’entrée à la CEDEAO, en vue de la mise en place d’un accord commercial préférentiel.

«Nous avons une marge de manoeuvre très importante avec les pays de l’Afrique, d’où la nécessité pour nous d’œuvrer à ce que l’Algérie décroche sa part sur ce marché», a souligné le ministre.

A ce titre, l’Algérie compte promouvoir ses produits en multipliant ses participations aux salons et manifestations économiques en Afrique dans le but de promouvoir le produit «Made in Algérie». En 2018, l’Algérie a organisé des salons de produits algériens à Nouakchott (Mauritanie), Dakar (Sénégal), le Caire (Egypte) et Libreville (Gabon) durant lesquelles des dizaines de contrats d’exportation ont été signés par les opérateurs algériens.


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A ce titre, le premier convoi de 24 camions transportant 400 tonnes de produits algériens (produits agricoles, électroménagers, alimentaires et sanitaires) est en route actuellement vers la Mauritanie. Après cette première opération d’exportation, une seconde est prévue durant le mois de janvier 2019 et concernera aussi bien la Mauritanie que le Sénégal. 

Ainsi, Alger compte participer à 29 sur 53 salons internationaux dont certains sur le continent africain durant la période 2019-2020. Durant la même période, elle compte organiser 25 salons de produits algériens dans différents pays africains. Elle s’appuiera sur ces salons pour promouvoir ces secteurs porteurs: agroalimentaire, industrie électronique et électroménager, produits pétrochimiques et pétroliers.

Après l’Afrique de l’Ouest, l’Algérie ciblera l’Afrique centrale et australe. «Tous les pays du monde veulent placer leurs produits sur le marché africain. Il est temps que nous le fassions», a souligné Djellab.


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Avec cette politique, Alger essaye de diversifier son offre d’exportation qui repose actuellement à hauteur de 97% sur les hydrocarbures et leurs dérivés. Toutefois, cette volonté fait face à des obstacles liés au transport et à la logistique qui grèvent lourdement la compétitivité des produits algériens en Afrique de l’Ouest. Une situation à laquelle le gouvernement algérien compte remédier en subventionnant fortement le transport des produits exportés vers l’Afrique subsaharienne.

Ensuite, l’offre exportable algérienne demeure faible du fait de la non diversification de l’économie algérienne. En outre, Alger n’ayant pas implanté de banques en Afrique, a du mal à fluidifier ses échanges commerciaux dans la région.
Du coup, les exportations algériennes vers l’Afrique resteront cantonnées à des coups ponctuels.

Rappelons que la CEDEAO, créée en mai 1975, est un regroupement de 15 pays comptant environ 350 millions de consommateurs et un PIB qui tourne autour de 750 milliards de dollars.

Le 01/01/2019 Par Moussa Diop