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Algérie. Automobile: un nouveau cahier des charges pour remonter la pente

Mise à jour le 19/02/2020 à 12h49 Publié le 19/02/2020 à 12h46 Par Mar Bassine

#Economie
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#Algérie : Afin de rattraper son retard dans le domaine de l'industrie automobile, l'Algérie va supprimer la règle rendant obligatoire pour les investisseurs étrangers de s'associer à un partenaire local.


Traumatisée par les échecs à répétition de ses politiques industrielles, l'Algérie met de l'eau dans son vin. Ferhat Aït Ali Braham, ministre algérien de l'Industrie et des mines, a affirmé hier mardi 18 février, que le cahier des charges de l’industrie automobile en cours d'élaboration supprime l'obligation de s'associer à un partenaire local. Seuls les aspects liés à l'apport financier et techniques seront maintenus, voire renforcés.

"Nous n’obligerons pas l’investisseur de s’associer à un partenaire national, mais on lui imposera d’apporter le financement et le savoir-faire", a-t-il affirmé lors d'un forum à Alger.


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Selon lui, les opérateurs déjà présents en Algérie seront accompagnés par le ministère de l'Industrie afin de se conformer au nouveau cahier des charges.

Plus en détails, les autorités algériennes veulent mettre fin à la duperie qui a conduit plusieurs oligarques en prison et qui leur permettait de bénéficier d'importants financements bancaires et surtout des exonérations fiscales, sans réellement mettre en place une industrie. Souvent le supposé montage automobile se limitait à quelques pièces, ce qui, au lieu d'en réduire le coût en créant une valeur ajoutée locale, n'a fait que rendre les voitures algériennes nettement plus chères que celles qui étaient importées.

il convient de rappeler que cet énorme scandale du secteur automobile algérien a envoyé en prison plusieurs hommes d'affaires de premier plan ainsi que des politiques.


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Deux anciens ministres de l’Industrie, à savoir Youcef Yousfi et Mahdjoub Beda, ont écopé de 10 ans de prison ferme, alors qu’un troisième, en fuite, en l’occurrence Abdeslam Bouchouareb, a été condamné par contumace à 20 ans de prison et un mandat d’arrêt international a été émis à son encontre.

Chez les hommes d’affaires, c’est carrément l’hécatombe. Hassan Larbaoui, PDG de KIA Algérie, purge actuellement une peine de 6 ans de prison, alors que Mohamed Bairi, PDG de Iveco Algérie a été condamné 3 ans de prison ferme.
Mourad Eulmi, deuxième homme le plus riche du pays et PDG de Sovac Algérie, partenaire de Volkswagen, est actuellement en détention provisoire à la prison d’El Harach dans l’attente de son procès. Lui aussi est accusé d’avoir abusé l’Etat algérien pour la mise en place d’une pseudo-unité industrielle locale.

Le 19/02/2020 Par Mar Bassine