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Algérie: Bouteflika annonce des mesures pour calmer les Kabyles

Mise à jour le 28/12/2017 à 12h32 Publié le 28/12/2017 à 12h28 Par Karim Zeidane

#Politique
Vidéo. Marche monstre à Bouira avant les violences contre les kabyles
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#Algérie : Face aux protestations violentes dans les régions kabyles, Bouteflika lâche du lest pour apaiser la situation tendue. Mais tout en désavouant les députés du FLN et du RND qui avaient rejeté le texte visant la promotion de la langue amazighe, le régime poursuit la répression.

Face aux manifestations des Kabyles, auxquels certains dirigeants souhaitent accorder l’indépendance, le régime algérien, qui faisait la sourde oreille, semble avoir compris que l’usage de la force avait atteint ses limites. 

Face à l’échec de cette politique répressive, le président algérien a pris des décisions symboliques pour calmer la rue et répondre aux revendications les moins radicales du mouvement.

Ainsi, mercredi 27 décembre, il a décrété que le nouvel an amazigh, "Yennayer", qui coïncide avec le 12 janvier, sera désormais fête nationale et journée chômée et payée en Algérie.


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Il a également ordonné au gouvernement de procéder au lancement de l’académie de la langue amazighe qui se chargera de la promotion de cette langue, mais aussi de généraliser l’enseignement et l’usage du tamazight.

A travers ces mesures, le gouvernement de Bouteflika essaye de réconcilier les Algériens avec leur identité amazighe longtemps marginalisée. Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes pour calmer une rue dont les revendications vont au-delà de ces gestes.

Avec ces propositions, le président entend répondre au rejet par les députés du Front de libération nationale (FLN) et leurs alliés du Rassemblement national démocratique (RND) de la proposition de loi visant à donner plus de moyens à la promotion de la langue amazighe. Un rejet qui avait mis le feu aux poudres dans les provinces kabyles. Le régime algérien a toutefois été surpris par l’ampleur des manifestations des jeunes. Cette décision démontre-t-elle le décalage entre le président et ses partis politiques affiliés? Ou bien est-elle le signe que Bouteflika est pris de panique face à l'ampleur de la contestation?


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Le président espère couper l’herbe sous le pied des indépendantistes kabyles qui ont manifesté pendant toute la première quinzaine de décembre au cri de "Indépendance pour la Kabylie".

La forte mobilisation des Kabyles s’explique avant tout par la marginalisation dont la population amazighe fait l’objet. Celle-ci s’est aggravée avec la crise économique aigüe que traverse l’Algérie et dont l’ampleur est de jour en jour révélée par les dirigeants du pays.

Parallèlement à la tentative d’apaisement, le gouvernement algérien continue à manier le bâton pour réprimer toute contestation. Ainsi, selon siwel.info, le militant indépendantiste kabyle Younes Yahu, de nationalité canadienne, a été «arrêté ce mercredi 27 décembre vers 15h à Mekla par la police coloniale algérienne». 
Le 28/12/2017 Par Karim Zeidane