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Algérie: retraités et actifs de l'armée ont le moral dans les chaussettes

Mise à jour le 15/05/2018 à 13h40 Publié le 15/05/2018 à 13h38 Par Mar Bassine

#Politique
Algérie: retraités et actifs de l'armée ont le moral dans les chaussettes
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#Algérie : Depuis un an, les retraités de l'armée algérienne demandent une revalorisation de leurs pensions et l'octroi d'agréments pour exploiter des taxis et des cafés. Quant aux troupes actives, victimes de crashs aériens et du manque d'entretien de l'arsenal, elles n'ont guère confiance en l'avenir.


Il ne suffit pas d'être le deuxième plus gros acheteur africain d'armement, avec un budget de 10 à 11 milliards de dollars, pour prétendre avoir une armée au point et en bonne forme. Encore faut-il que le matériel soit bien entretenu et que le personnel reçoive sa solde, mais aussi que les retraités et autres anciens combattants renvoient aux actifs l'image d'une armée reconnaissante vis-à-vis des bons et loyaux services qu'on lui a rendus. 

Malheureusement, les événements récents sont la preuve que rien ne va plus dans une armée de généraux qui s'enrichissent et de soldats paupérisés. En effet, ce mardi 15 mai au matin, selon Tout sur l'Algérie qui cite la page Facebook de Info Trafic Algérie, les retraités de l'armée ont bloqué l'autoroute est-ouest à hauteur de Hammam El Biban. De sorte que la circulation routière sur cet axe qui va d'Oran à Annaba en passant par Alger et Sétif a été coupée, pendant de longues heures. 


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Ce n'est pas le premier incident du genre, puisque le 28 avril, les mêmes retraités avaient procédé au blocage de l'autoroute est-ouest, mais cette fois juste à l'entrée d'Alger. Il a fallu le déploiement d'une impressionnante force pour lever le blocus imposé à la capitale. 

Il faut dire que le malaise est grand chez les retraités de l'Armée nationale populaire (ANP) qui mène des mouvements de revendication depuis plus d'un an. En effet, c'est en mai 2017 qu'ils étaient sortis pour la première fois pour revendiquer la revalorisation de leurs pensions de retraite, l'augmentation des primes de blessures, mais aussi l'octroi aux retraités, blessés de guerre ou anciens combattants de licences pour l'exploitation de taxis ou de cafés. Cependant, la ministre de la Défense nationale a choisi de dénigrer ce mouvement, en affirmant que les meneurs n'étaient pas représentatifs. 

Si l'on ajoute à ces mouvements d'humeur, dont l'issue pourrait être fort regrettable, les accidents à répétition d'avions militaires, il y a fort à parier que le moral des troupes est au plus bas. Ces événements mis bout à bout montrent qu'il y a un vrai déficit de gouvernance au sein de cette armée. Il semble que la seule préoccupation des responsables soit d'accumuler de l'armement en tout genre, sans prendre soin ni des hommes ni de l'entretien de l'arsenal. 






Le 15/05/2018 Par Mar Bassine