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Algérie: le pouvoir s'acharne sur l'ancien chef de la police

Mise à jour le 06/09/2018 à 17h22 Publié le 06/09/2018 à 14h27 Par Mar Bassine

#Politique
Abdelghani Hamel, emporté par l'affaire la cocaïne du port d'Oran

Abdelghani Hamel, le directeur de la Police algérienne a été emporté par l'affaire la cocaïne du port d'Oran.

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#Algérie : De pilier du régime Bouteflika, Albdelghani Hamel est en passe de devenir un paria, deux mois à peine après avoir été démis de ses fonctions.

Abdelghani Hamel, ancien tout-puissant chef de la police algérienne, vit ses jours les plus sombres, à cause d'une série de règlements de compte dont il est actuellement victime. Selon le quotidien Le Soir d'Algérie, son salaire a été suspendu et l'entourage de Bouteflika aurait donné des instructions fermes à Gaïd Salah, en sa qualité de vice-ministre de la Défense, afin qu'il suive cette affaire de près. Ce qui est synonyme de sanctions encore plus sévères à son encontre. 

De plus, alors qu'il devait rester général-major, même après sa mise à la retraite, l'ex-patron de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) pourrait perdre "tous ses galons et grades", selon le quotidien algérien. Une humiliation pure et simple, mais aussi une fin bien tragique pour celui qui avait fait la pluie et le beau temps dans la police jusqu'au 26 juin dernier. Abdelghani Hamel était alors considéré comme l'un des piliers du régime algérien, avant sa fameuse déclaration devant les caméras de la télévision. 


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Visiblement, la présidence algérienne ne pardonne pas à Abdelghani Hamel d'avoir dénoncé "ceux qui prétendent lutter contre la corruption" alors qu'ils n'ont pas tout à fait "les mains propres". 

Les coups qui sont portés à cet homme déchu s'enchaînent. Pas plus tard que la semaine dernière, Moustapha El-Habiri, son successeur à la DGSN, l'a sommé de rendre son véhicule et son logement de fonction. De plus, une enquête serait ouverte concernant deux comptes en son nom dans des banques à Nice, dans le sud de la France et à Beyrouth, au Liban. Interpol aurait même été saisie, précise cette source. 


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Le 26 juin dernier, en pleine affaire des 701 kg de cocaïne dissimulés dans une cargaison de denrées alimentaires, Abdelghani Hamel avait provoqué un tollé en déclarant que ceux qui voulaient lutter contre la pègre se devaient d'avoir les mains propres. Les autorités algériennes avaient alors immédiatement réagi, en confiant une enquête sur cette déclaration à la gendarmerie, un corps qui dépend de l'armée - et non à la police, à la tête de laquelle se trouvait Hamel. C'est la raison pour laquelle ses déclarations ne laissent aucune place au doute quant aux personnes qu'elles ont visé. Le limogeage de Abdelghani Hamel était d'ailleurs intervenu dans la même journée, quelques heures à peine après la parution de sa déclaration explosive dans les médias.  



Le 06/09/2018 Par Mar Bassine