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Algérie: et si les purges préparaient une succession imminente de Bouteflika

Mise à jour le 31/08/2018 à 17h28 Publié le 31/08/2018 à 17h27 Par Mar Bassine

#Politique
Bouteflika
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#Algérie : L'Algérie vient de connaître la plus vaste purge jamais menée où des dizaines de généraux-majors, généraux ou hauts responsables ont été démis de leur fonction. Ce grand chambardement est étroitement lié à la succession qui se prépare.

 

D'après les informations que fournit Algeria Times, le président est dans la phase finale d'un cancer. En effet, comme nous l'écrivions tantôt, il serait admis en soins intensifs au 8e étage de l'hôpital cantonal de Genève, plus précisément dans son aile réservée aux malades en phase critique. Evidemment, les médias officiels démentent cette version et continuent de parler de simple visite de routine, s'effectuant de manière périodique. Entre ces deux versions, on ne sait pas à laquelle accorder du crédit. Surtout que, tout ce qui touche à la santé du Président Bouteflika relève du secret d'Etat à cause des enjeux successoraux évidents.  
 


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Il n'empêche que le lien entre la purge en cours et la dégradation de l'Etat de santé de Bouteflika semble évident. En effet, l'ensemble des généraux qui occupaient les postes les plus importants, après ceux de chef d'état-major général des armées et de chef de la garde présidentielle, ont été démis de leurs fonctions en l'espace de quelques semaines. La liste est tellement longue, de chefs militaires concernés par la purge, qu'il serait fastidieux d'être exhaustif. Néanmoins, faire sauter quasi simultanément le chef de la Police, de la Gendarmerie, des Services secrets ne peut relever du simple désir de remanier ces corps.

Tout avait commencé le 26 juin quand le chef de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), le général-major Abdelghnai Hamel a été remplacé par le colonel Mustapha Lahbiri. Au niveau de la gendarmerie, il y a eu un véritable jeu de chaises musicales, puisqu'en l'espace d'un mois, le chef de ce corps a changé deux fois. Ainsi, le 5 juillet, le général Ghali Belkcir a remplacé le général-major Menad Nouba, avant d'être démis le 12 juillet par un décret paru le 8 août dans le bulletin officiel algérien. Il a été remplacé par le général Abderrahmane Arrar. Avant la fin de cet épisode tumultueux, plusieurs autres changements sont intervenus.
 


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Djilali Boudalia, chef des services de renseignements, a été remplacé le 17 juillet par Slimane Benyetou. Toujours au sein de la police, celui qui dirigeait la sécurité à l'aéroport Houari Boumediene d'Alger a été limogé. De même, à Alger, Oran, à Laghouat ou à Ghardaïa, les chefs de la sécurité de l'ensemble de ses wiliyas ont été éjectés de leur fauteuil. Suivront également les directeurs des transmissions d'une trentaine de wilayas. 

L'Armée nationale populaire n'a pas échappé à ce chambardement sans précédent. En effet, tout autour de Ahmed Gaïd Salah, l'entourage de Bouteflika a effectué un nettoyage sans précédent. Au total, 9 généraux-majors, dont plusieurs à la tête des régionaux militaires les plus stratégiques du pays.

Ce chamboulement, à la veille d'une élection présidentielle déterminante, a fait dire aux observateurs qu'une pareille purge touchant l'appareil de sécurité et de défense est une première mondiale. 
 


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La purge a même touché la justice, puisque 12 présidents de tribunaux ont été démis, de même que 8 procureurs généraux. Certains journaux affirment qu'un remaniement devait être opéré juste avant que Bouteflika ne s'envole pour ses "soins périodiques" vers la Suisse. 

En tout état de cause, il s'agit d'un fait éminemment politique, puisque l'Algérie est l'un des pays dans le monde où l'armée est sans cesse citée dans la gestion de la chose publique, aussi bien par le clan au pouvoir que par l'opposition. 

Evidemment, les supputations vont bon train concernant le sort du général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah. Beaucoup estiment qu'il serait la principale personne visée par cette purge. Ne voulant pas d'une attaque frontale, le clan Bouteflika aurait choisi la stratégie de l'affaiblissement. 
 


L'ampleur de la purge en chiffres

Police :

  • 1 chef de la DGSN
  • 1 Chef des services de renseignements
  • 5 Chefs de sureté de 4 Wilayas et de l’Aéroport d’Alger
  • 30 chefs des services de transmission de 30 wilayas

Gendarmerie :

  • 2 chefs d’état-major en un mois
  • 10 commandants régionaux, dont 4 généraux

Armée:

- 9 généraux-majors ou généraux

Justice :

  • 13 présidents de tribunaux
  • 8 procureurs généraux
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Le 31/08/2018 Par Mar Bassine