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Libye-Algérie: l'inquiétude est palpable dans la presse algérienne

Mise à jour le 10/09/2018 à 14h04 Publié le 10/09/2018 à 14h02 Par Mar Bassine

#Politique
Haftar
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#Algérie : 24 heures après la sortie au vitriol du maréchal Khalifa Haftar contre l'armée algérienne, les réactions n'ont pas tardé dans la presse locale. L'inquiétude domine, même si certains font tout de même les fiers-à-bras...


En Algérie, on prend très au sérieux les déclarations de Khalifa Haftar, à cause de la gravité des faits, mais aussi et surtout des conséquences qui pourraient en découler. Dans l'ensemble dans la presse algérienne, l'inquiétude est palpable. "Ce n’est pas la première fois que l’homme fort de l’Est libyen s’en prend au "voisin de l’Ouest" », sauf que les propos qu’il a tenus ce samedi 8 septembre sont résolument belliqueux, dénués de toute précaution diplomatique", s'alarme le site Tout sur l'Algérie

Le fait est que le maréchal Khalifa Haftar a utilisé une menace "directe et explicite", sans "sous-entendu". La phrase de l'homme fort de la Libye qui a déclaré que "nous pouvons déplacer la guerre de l'autre côté (en Algérie, Ndlr), est lourde de sens. Et de toute évidence, elle marque une rupture définitive des relations diplomatiques entre Alger et l'Armée nationale libyenne que dirige Haftar et qui a le soutien du Parlement de Tobrouk. 

Pour le site TSA, Khalifa Haftar a été proche de tout le monde sur le plan international, sauf de l'Algérie. "Qualifié "d’homme des Américains" à son entrée en scène avec une petite milice, à cause sans doute de son long séjour aux États-Unis des années 1990 jusqu’à la chute de Kadhafi en 2011, il sera ensuite «celui» de la Russie pour ses convergences de vue avec Vladimir Poutine sur le dossier libyen, puis de la France au lendemain de son accueil comme un chef d’État par Emmanuel Macron à Paris, et, maintenant des Émirats et de l’Égypte, mais jamais celui de l’Algérie...", analyse TSA.


>>>LIRE AUSSI: Vidéo. Algérie-Libye: le maréchal Haftar menace Alger d’une guerre

Cela donne une idée sur le ressentiment du maréchal vis-à-vis des dirigeants algériens auxquels il est difficile de faire confiance. Khalifa Haftar en a pris conscience en décembre 2016, lors de son unique voyage dans le pays depuis qu'il dirige l'Armée nationale libyenne. Alger avait montré son impartialité en affichant sa préférence pour le Gouvernement d'Union nationale, lequel est reconnu par la communauté internationale, mais qui n'est jamais parvenu à s'imposer militairement. 

Dans un support d'information proche de l'appareil militaire, on s'inquiète surtout de la récupération qu'en font les islamistes algériens, prompts à brandir l'étendard de la souveraineté algérienne. "Toujours à l’avant-garde, à chaque fois qu’il s’agit de défendre les intérêts de ses mentors turcs ou qataris, le président du MSP, Abderrazak Mokri, veut pousser à l’escalade entre l’Algérie et l’armée libyenne sous le commandement de Haftar", déclare cet organe proche de l'armée. Il est vrai que Mokri a une attitude plutôt va-t-en-guerre. Il estime que la menace de Haftar est "une outrecuidance sans précédent (d'un, Ndlr) putschiste qui a livré son pays à des forces étrangères criminelles qui sèment le désastre dans le monde arabe. Une audace inacceptable et intolérable pour les Algériens !". 

Et dans Algérie Focus, on estime que "le maréchal Haftar accuse l'Armée nationale populaire et menace l'Algérie", en se gardant d'aller plus avant. Le site se contente de transcrire la virulente déclaration du chef mlilitaire libyen. Alors que le quotien El Watan se pose la question de savoir "pourquoi Haftar cherche à se brouiller avec l'Algérie?". Après une longue analyse et moult questions, El Watan évoque certains observateurs qui "pensent à ce propos qu’il y a quelque chose qui se trame et que l’on cherche à tenir Alger à l’écart du très disputé dossier de la crise libyenne". 

Pour l'heure, les apparatchiks font la sourde oreille à Alger. Aucune réaction officielle n'a été communiquée, ce qui tient d'une volonté de ne pas se brouiller outre mesure avec un homme sans lequel le conflit libyen restera une épine dans le pied de ses voisins. 



Le 10/09/2018 Par Mar Bassine