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Algérie: L'entourage de Bouteflika ressuscite le projet d'un cinquième mandat

Mise à jour le 03/01/2019 à 10h59 Publié le 03/01/2019 à 10h57 Par Mar Bassine

#Politique
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#Algérie : Sans offre et en l'absence d'un consensus sur un remplaçant de Bouteflika, le projet d'un cinquième mandat revient en force dans les déclarations de l'entourage du chef de l'Etat algérien. Mais ce dernier, même réélu, aura bien du mal à satisfaire à la première exigence de la constitution...

Alors qu'on le croyait mort et définitivement enterrré, le projet d'un cinquième mandat resurgit. En effet, les partisans de Bouteflika, qui voulaient privilégier une continuité dans le flou total viennent d'effectuer fait un virage à 360 degrés. 

Ils reviennent désormais à leur idée initiale d'un cinquième mandat, montrant ainsi qu'ils ne savent pas comment faire pour sortir de l'impasse dans laquelle ils se sont engouffrés. Ainsi, c'est le Rassemblement national démocratique (RND) de Ahmed Ouyahia qui a été le premier à réjeter l'idée d'une "continuité", pourtant soutenue, deux mois durant, par l'ensemble de la coalition présidentielle. 


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Avant-hier, mardi 1er janvier 2019, c'est Amar Ghoul, ministre du Tourisme, qui a clairement déclaré vouloir ressuciter le projet d'un cinquième mandat pour Abdelaziz Bouteflika. Il a ainsi affirmé que les partis de la coalition présidentielle devraient se réunir, sous peu, afin de travailler sur cet objectif de réélection du chef de l'Etat algérien, notamment en allant sur le terrain. 

Abdelmajid Sidi-Saïd, secrétaire général de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), a, de son côté, tenu le même discours. Selon lui, "les travailleurs vont oeuvrer à faire passer leur candidat Bouteflika". 

Toutes ces hésitations sont révélatrices des carences dont souffre le système politique algérien, qui s'engouffre ainsi dans un réel cul-de-sac.

En effet, on est toujours dans le même schéma qu'à l'époque où seul un parti unique était au pouvoir, celui du Front de libération nationale (FLN). L'opposition, toutes les oppositions, sont désormais réduites à leur plus simple expression, soit en ayant été phagocytées, soit en instrumentalisant la justice, soit par un usage délibéré de la force.

La situation est telle que l'alliance entre le FLN et le RND est aujourd'hui l'unique l'alternance au pouvoir envisagée... 


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C'est donc désormais par une évidente mascarade que Abdelaziz Bouteflika, malade, impotent et ne parlant presque plus, est maintenu au pouvoir.

Néanmoins, aucune figure ne fait rééllement l'unanimité au sein de la majorité présidentielle, ce qui a poussé les caciques à maintenir le statu quo, dans une démarche d'acaparement du pouvoir.

Un cinquième mandat de Bouteflika sera l'unique moyen pour chacun d'eux de conserver leurs (nombreux) privilèges, sans avoir besoin de changer la loi fondamentale du pays.

Mais dans tous les cas, se posera une ultime question, celle de savoir si, et surtout comment, et de quelle manière, Bouteflika pourra satisfaire à l'exigence, belle et bien constitutionnelle, de la cérémonie prestation de serment. 

Le 03/01/2019 Par Mar Bassine