Fermer

Algérie: 18 manifestants ayant brandi le drapeau amazigh risquent une lourde peine

Mise à jour le 24/06/2019 à 14h07 Publié le 24/06/2019 à 14h05 Par Karim Ben Amar

#Politique
Algérie: Ahmed Gaïd Salah crée une vive polémique en interdisant le drapeau kabyle
© Copyright : DR

#Algérie : Les juges d’instruction des tribunaux algérois de Sidi M’hamed et de Bab el Oued ont placé sous mandat de dépôt, hier, dimanche 23 juin, 18 personnes ayant brandi vendredi dernier des drapeaux amazighs lors de la manifestation hebdomadaire. Les détails.

Hier, dimanche 23 juin, les 18 personnes qui ont brandi les drapeaux amazighes lors des manifestations du vendredi 21 juin dernier, malgré l’interdiction formelle du généralissime Ahmed Gaid Salah, ont été placés sous mandat de dépôt par les juges d’instruction de deux tribunaux d’Alger, celui de Sidi M’hamed et celui de Bab el Oued.

Les 18 manifestants écroués avaient été interpellés vendredi lorsque «les forces de police saisissaient les emblèmes en possession des manifestants autres que le drapeau national», d’après ENTV, la chaîne de télévision nationale.

Ce média a indiqué que les 18 personnes arrêtées sont poursuivies pour «atteinte à l’unité nationale, conformément à l’article 79 du Code pénal».


>>>LIRE AUSSI: Vidéos. Algérie: les manifestants défient Gaïd Salah en brandissant le drapeau amazigh

Cet article porte sur l’atteinte à l’intégrité du territoire  et prévoit de lourdes peine de prison, pouvant aller jusqu’à dix ans: «quiconque, hors les cas prévus aux articles 77 et 78, a entrepris, par quelque moyen que ce soit, de porter atteinte à l’intégrité du territoire national, est puni d’un emprisonnement d’une durée d’un  à dix ans et d’une amende de 3.000 dinars à 70.000 dinars. Il peut en outre être privé des droits visés à l’article 14 du présent code».

L’un des 18 interpellés, Messoud Leftissi, a tenu à transmettre un message à l'ensemble du peuple algérien, mobilisé dans la rue depuis le 22 février pour un changement radical de régime politique.

Avant son incarcération à la prison d’El Harrach, il a demandé à son avocate de transmetrre cette déclaration à la presse algérienne: «la liberté n’a aucun sens dans un pays en otage. Continuez à vous battre pour libérer l’Algérie».
Le 24/06/2019 Par Karim Ben Amar