Algérie: Gaïd Salah "pousse le pays vers la dislocation", selon l'Alternance démocratique

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Le 19/09/2019 à 07h54, mis à jour le 19/09/2019 à 07h56

L'opposition et la société civile algérienne craignent que Ahmed Gaïd Salah, par son discours belliqueux du mercredi 19 septembre, ne mène le pays vers un inévitable affrontement des forces qui le composent.

Sitôt que Ahmed Gaïd Salah a prononcé son discours mercredi 18 septembre, les Algériens ont réagi à sa décision de barricader la capitale et d'empêcher aux non-Algérois d'y accéder les mardis et vendredis, jours de manifestations. 

Selon l'Alternance démocratique, qui regroupe sept partis d'opposition et ainsi que la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), il s'agit d'une nouvelle hérésie du chef d'état-major de l'armée nationale populaire (ANP) qui risque de mener le pays vers le chaos. 

"Les développements politiques en cours (…) qui vont à l’encontre de la démocratie et qui risquent de pousser le pays vers la dislocation sont susceptibles de provoquer l’ingérence étrangère", écrit-elle dans un communiqué diffusé dans la soirée. 

Dans l'Alternance démocratique, on retrouve notamment le Parti du travail (PT) de Louisa Hanoune actuellement en prison, le Front des forces socialistes (FFS), première formation de l'opposition algérienne fondée dès 1963 ou encore le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) de Mohcine Belabbes. Au stade actuel, c’est la première force d’opposition du pays.

Dans son communiqué, elle dénonce des décisions contraires à la loi fondamentale algérienne en soulignant l'acharnement contre ceux qui défendent une autre vision que celle du général Gaïd Salah. 

"Après les arrestations et emprisonnements arbitraires qui ont touché des responsables politiques et des dizaines de citoyens et la remise en cause des droits fondamentaux (liberté de manifestation, de réunion, d’organisation, de presse, d’opinion…), le vice-ministre de la Défense qui a multiplié les discours belliqueux vient de franchir un nouveau pas en interdisant, par un simple discours, aux Algériennes et aux Algériens d’exercer un droit fondamental arraché de hautes luttes et inscrit dans la constitution, celui de circuler librement sur tout le territoire national", écrit-elle. 

Et d'ajouter: "cette mesure anticonstitutionnelle et antidémocratique risque d’ouvrir la voie à tous les dérapages car instituant autour de la capitale un état de siège qui ne dit pas son nom".

"Les forces de l’alternative démocratique rappellent leurs exigences de levée de toutes les entraves à l’exercice des libertés démocratiques, de libération de tous les détenus politiques et d’opinion et leur attachement au processus constituant souverain à même de permettre au peuple algérien de choisir souverainement et librement la nature des institutions à mettre en place", conclut le communiqué.

Par Mar Bassine Ndiaye
Le 19/09/2019 à 07h54, mis à jour le 19/09/2019 à 07h56