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Algérie: le pays sera "ingouvernable" après une "élection aux allures de parodie", selon Le Monde

Mise à jour le 22/10/2019 à 19h41 Publié le 22/10/2019 à 19h40 Par Mar Bassine

#Politique
Algérie: très attendu, Ahmed Gaïd Salah livre un discours creux
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#Algérie : Selon le quotidien Le Monde, en Algérie, "les vieux réflexes restent les mêmes, même si la pression populaire a obligé le système à adapter son discours". L'élection du 12 décembre est une parodie qui ne donnera aucune crédibilité au futur président. Résultat: "Le pays sera ingouvernable".


Dans son éditorial du mardi 22 octobre, le quotidien français Le Monde analyse la situation en Algérie et dresse un tableau sombre, avant de conclure que "l’élection qui se profile prend des allures de parodie démocratique". 

"Pour un pays qui a souvent avancé par à-coups violents, le défi est immense et l’occasion historique", constate d'emblée le journal, faisant référence à la situation qui prévaut dans le pays depuis huit longs mois, marqués par d'incessantes manifestations. La question, selon Le Monde, est de savoir si l'Algérie sera en mesure de dégager de manière pacifique le système autoritaire qui dirige le pays, comme le réclament les Algériens. 



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Du pouvoir mis en place par Bouteflika, il ne reste "que des oripeaux dont les représentants sont impuissants à comprendre le sens de l’histoire et à appréhender les aspirations d’une population excédée par l’infélicité dans laquelle le régime a plongé l’Algérie".

Le problème c'est que ces "oripeaux", avec à leur tête Ahmed Gaïd Salah, sont incapables de créer "les conditions d’une transition réelle, légitime et transparente vers un accord politique global".

Et le quotidien de poursuivre: "la bureaucratie et les lobbys inféodés au pouvoir ont encore assez d’influence pour tenter de maintenir l’existant à rebours des revendications de la rue". 


Aveuglés par leur désir de se maintenir au pouvoir, les officiers de l'armée, les apparatchiks du système politique et ce qui reste de l'oligarchie demeurent imperméables au changement que réclament les millions de manifestants. 


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Cependant, "vouloir perpétuer un système qui a échoué et contre lequel les Algériens sont désormais vaccinés n’aboutira qu’à radicaliser le mécontentement", prévient le quotidien.

"L’élection qui se profile prend des allures de parodie démocratique, dans laquelle les ex-ministres du président sortant font mine de participer à une compétition qui n’a qu’un but : faire émerger une personnalité du sérail pour que rien ne change véritablement. Tant que la presse subira des pressions permanentes pour diffuser la bonne parole du pouvoir, tant que des arrestations arbitraires et une justice d’exception perdureront, tant que le pouvoir actuel n’acceptera pas de laisser le processus électoral se dérouler librement, les conditions de la désignation d’un nouveau président légitime ne seront pas réunies", estime Le Monde.

De toute évidence, on se dirige vers "une élection vide de sens avec un taux de participation ridiculement bas". Et de conclure: "Le nouvel élu sera fragilisé, rendant le pays ingouvernable".


Le 22/10/2019 Par Mar Bassine