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Vidéo. Algérie: quand l’ancien Premier ministre Sellal crie son innocence et supplie le président du tribunal

Mise à jour le 10/12/2019 à 08h58 Publié le 09/12/2019 à 18h00 Par Karim Zeidane

#Politique
Ouyahia et Sellal
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#Algérie : En attendant le verdict final, la parole a été donnée ce lundi 9 novembre aux anciens Premiers ministres et ministres impliqués dans le procès de affaires des usines de montage automobile. Sellal, presque en sanglot, a plaidé non coupable et et supplié le président du tribunal de l’innocenter.

Si Saïd Bouteflika, frère et ex-conseiller de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, déjà lourdement condamné à 15 ans de prison dans une autre affaire, a tenu à garder la tête haute en refusant de répondre au juge sur les affaires de corruption liées au montage de véhicule et du financement de la campagne du cinquième mandat, et si l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia s’est contenté d’annoncer qu’il est «innocent», l’ancien Premier ministre Sellal a fait pitié.

Il faut dire que le procureur, dans son réquisitoire, n’a pas été tendre. Celui-ci a demandé une peine de 20 ans de prison à l’encontre des deux ex-Premiers ministres.


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Face à la crainte d’un séjour prolongé en prison, l’ancien Premier ministre Sellal, après un malaise au 4e jour du procès lors du réquisitoire du procureur de la république qui a demandé une peine de 20 ans de prison ferme, assortie d’amendes à son encontre, a perdu son calme.

Sur une vidéo que la chaine El Bilad a fuitée, on voit l’ex-Premier ministre supplier le président du tribunal de l’innocenter. «Je vous en supplie. Il ne me reste pas beaucoup à vivre. S’il vous plaît, M. le juge, réhabilitez-moi, je suis innocent», et d'ajouter «j’ai travaillé pour l’Etat pendant 46 ans et j’ai grandi avec le défunt Mehri», avant de jurer qu’il n’a «pas trahi la patrie».


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Et pour un semblant de justification, Sellal explique qu’il a travaillé dans des conditions difficiles du fait que le président Bouteflika était malade, oubliant au passage qu’il a été l’un des supporters du président Bouteflika pour un 5è mandat et il fut même directeur éphémère de la campagne de celui-ci.


Et pour avoir un peu de bonnes faveurs de la grande muette, Sellal a fait appel à la mémoire en rappelant qu’il était fier de l’armée nationale populaire au moment de l’attaque terroriste de Tiguentourine à In Amenas en 2013, avant de supplier à nouveau le président du tribunal de l’innocenter.


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Tous les autres protagonistes de cette affaire ont plaidé non-coupables, mais avec plus de dignité, sachant certainement que les dés sont déjà jetés et que cette machine judiciaire mise en branle par le régime sous la houlette de Gaïd Salah, chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, sera sans pitié à l’encontre des anciens Bouteflikiste. Autant alors garder son honneur.
Le 09/12/2019 Par Karim Zeidane