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Algérie. Procès des oligarques: les ex-PM Ouyahia et Sellal écopent de 15 et 12 ans de prison ferme

Mise à jour le 10/12/2019 à 11h50 Publié le 10/12/2019 à 10h58 Par Le360 Afrique avec agences

#Politique
Ouyahia et Sellal
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#Algérie : Les deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, poursuivis dans des affaires de corruption et d'abus de pouvoir, notamment dans l'affaire de montage automobile, ont été condamnés mardi respectivement à 15 et 12 ans de prison ferme par le tribunal de Sidi M'hamed à Alger.

Quinze ans pour Ahmed Ouyahia, douze pour Abdelmalek Sellal. La justice algérienne a eu la main lourde. Le verdict concernant le procès des deux ex-Premiers ministres algériens jugés dans l'affaire de corruption du secteur automobile et de financement de la campagne électorale de Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat est tombé.

C'est l'agence officielle algérienne (ASP) qui vient de donner l'information concernant le verdict du procès.


Voici l'intégralité du verdict:


Ahmed Ouyahia, ex-Premier ministre,  15 ans prison ferme

Abdelmalek Sellal, ex-Premier ministre, 12 ans de prison ferme

Youcef Yousfi, ex-ministre de l'Industrie, 10 ans de prison ferme

Mahdjoub Beda, ancien ministre de l'Industrie et des mines, condamné à 10 ans de prison ferme

Bouchouareb, ex-ministre de l'Industrie, 20 ans de prison, un mandat d’arrêt international a été lancé son encontre

Abdelghani Zaalane, ex-ministre des Transports acquitté

Hassiba Mokraoui, ex-directrice générale du développement industriel au ministère de l'Industrie et des mines, acquittée

Fares Sellal, fils de l'ex-Premier ministres Abdelmalek Sellal, condamné à 3 ans de prison ferme

Ali Haddad, ex-Patron des partons algériens, condamné à 7 ans de prison ferme,

Hassan Larbaoui, PDG de KIA Algerie, condamné à 6 ans de prison ferme,

Mohamed Bairi, PDG de Iveco Algérie, condamné 3 ans de prison ferme

Yamina Zerhouni, ex-wali, condamnée à 5 ans de prison ferme

Ahmed Mazouz, Groupe Mazouz (automobile) condamné à 7 ans de prison ferme

Amine Tira, cadre au ministère de l'Industrie et des mines, condamné à 05 ans de prison ferme

Chayed Hamoud, ex-membre du Conseil de la Nation (Sénat) condamné à 2 ans de prison dont un an avec sursis,

Aboud Achour, ex-directeur général de la Banque nationale d'Algérie, condamné à trois ans de prison ferme

Mourad Hadj Said, homme d'affaires, publicitaire, 2 ans dont un an avec sursis




Le parquet algérien avait requis dimanche de lourdes peines d'emprisonnement contre d'anciens hauts dirigeants politiques, dont deux ex-Premiers ministres, et des hommes d'affaires accusés de corruption dans un procès sans précédent en Algérie, selon les médias locaux.


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Le procureur avait alors réclamé 20 ans de prison ferme contre deux anciens Premiers ministres de l'ex-président déchu Abdelaziz Bouteflika: Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal. C'est la première fois depuis l'indépendance en 1962 que sont jugés d'anciens chefs de gouvernement.

Le procureur avait également requis la même peine, de 20 ans de prison, par contumace à l'encontre d'Abdeslam Bouchouareb, ancien ministre de l'Industrie et des Mines, en fuite à l'étranger.

Les autres peines requises vont de huit années d'emprisonnement jusqu'à quinze ans pour deux ex-ministres de l'Industrie, Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi.


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Le procureur avait également réclamé la confiscation de tous les biens de tous les accusés et l'émission d'un mandat d'arrêt international contre M. Bouchouareb.

Ce procès est le premier consécutif aux vastes enquêtes sur des faits présumés de corruption, déclenchées après la démission, en avril, du président Abdelaziz Bouteflika, poussé au départ par un mouvement populaire de contestation du régime inédit, après 20 ans à la tête de l'Etat.

Les accusés, dont 18 étaient présents dans le box, étaient poursuivis pour financement "occulte" de la dernière campagne électorale de M. Bouteflika et favoritisme dans l'industrie automobile via des partenariats entre marques étrangères et grands groupes algériens, souvent propriétés d'hommes d'affaires liés à l'entourage du président déchu.

Appelé samedi à la barre comme témoin, le frère et conseiller de l'ex-président algérien, Saïd Bouteflika, mis en cause par l'un des accusés, avait refusé de répondre aux questions du juge.

Durant le procès au tribunal de Sidi M'hamed, dans le centre d'Alger, les principaux accusés ont nié en bloc et n'ont cessé de se défausser sur les autres.


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Les débats s'étaient déroulés en l'absence de nombreux avocats de la défense qui ont décidé de les boycotter, dénonçant une "parodie de justice" et un climat de "règlements de compte".

Le 10/12/2019 Par Le360 Afrique avec agences