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Algérie: ouverture du procès d'un journaliste correspondant de TV5 Monde et de RSF

Mise à jour le 03/08/2020 à 17h22 Publié le 03/08/2020 à 16h45 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
Khaled Drareni

Khaled Drareni, fondateur et directeur du site d'information en ligne Casbah Tribune.

© Copyright : DR

#Algérie : Le procès du journaliste algérien Khaled Drareni, devenu un symbole du combat pour la liberté de la presse dans son pays, s'est ouvert lundi à Alger, tandis que Reporters sans Frontières (RSF) a réclamé sa libération et l'abandon des charges pesant contre lui.

Agé de 40 ans, M. Drareni dirige le site d'information en ligne Casbah Tribune et travaille comme correspondant en Algérie de la chaîne de télévision française Tv5 Monde et de l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

Son audience a débuté en début d'après-midi au tribunal de Sidi M'hamed à Alger, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Il est jugé par visio-conférence depuis le centre pénitentiaire de Kolea, près d'Alger, où il a été placé en détention préventive le 29 mars.

Khaled Drareni est accusé "d'incitation à un attroupement non armé et d'atteinte à l'intégrité du territoire national" après avoir couvert début mars à Alger une manifestation du "Hirak", le soulèvement populaire qui a secoué l'Algérie pendant plus d'un an jusqu'à sa suspension il y a quelques mois en raison de l'épidémie de Covid-19.

Drareni, qui risque jusqu'à 10 ans de prison, a rejeté les accusations, assurant n'avoir fait que son "travail en tant que journaliste indépendant", selon un reporter sur place.


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Il est jugé en compagnie de deux figures du "Hirak", Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, qui étaient eux présents dans la salle du tribunal.

Sous le coup des mêmes accusations, ces deux derniers ont bénéficié le 2 juillet d'une remise en liberté provisoire, ce qui avait laissé perplexes les avocats de Drareni, maintenu lui en prison.

Le procureur a requis lundi quatre ans de prison ferme à l'encontre des trois accusés, ainsi que la privation de leurs droits civiques.

"Nous sommes optimistes quant à la libération provisoire de Khaled. Les avocats vont demander sa sortie de prison et le report du procès à septembre", a déclaré à l'AFP Benlarbi.

Tous les procès sont censés se dérouler à huis clos en raison de la pandémie de Covid-19.

Plusieurs ONG de défense des droits humains et de la liberté de la presse, algériennes et internationales, ont exhorté ces derniers mois les autorités à libérer Khaled Drareni et à mettre fin au "harcèlement ciblé des médias indépendants".


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RSF, qui mène une campagne internationale en sa faveur, a appelé lundi à sa libération immédiate et à l'abandon de toutes les charges pesant contre lui.

"Il faut libérer Khaled Drareni, par fidélité aux idéaux de l'indépendance algérienne", ont écrit Pierre Audin, fils du militant anticolonial Maurice Audin, et le secrétaire général de RSF Christophe Deloire, dans une tribune publiée jeudi par le quotidien Le Monde.

La justice algérienne a multiplié les poursuites judiciaires et les condamnations de militants du "Hirak", d'opposants politiques, de journalistes et de blogueurs.

La semaine dernière, le journaliste Moncef Aït Kaci, ex-correspondant de France 24, et le caméraman Ramdane Rahmouni, ont été arrêtés et placés en détention préventive pendant 24 heures avant d'être libérés devant le tollé général.

Plusieurs journalistes algériens sont en prison et des procès sont en cours.


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Abdelkrim Zeghileche, militant pro-"Hirak" et directeur d'une radio algérienne diffusée sur Internet, Radio-Sarbacane, a été à nouveau incarcéré le 24 juin à Constantine (nord-est).

Un autre journaliste proche du "Hirak", Ali Djamel Toubal, correspondant du groupe de médias privé Ennahar, a lui été condamné le 14 juillet à 15 mois de prison ferme par la cour d'appel de Mascara (nord-ouest) notamment pour avoir diffusé des images montrant des policiers malmenant des manifestants antirégime.

Egalement derrière les barreaux, Belkacem Djir, journaliste de la chaîne TV d'information privée Echourouk News, a écopé le 28 juin d'une peine de trois ans de prison ferme dans une affaire de droit commun liée à son travail d'investigation.

L'Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF. Elle a dégringolé de 27 places par rapport à 2015 (119e).
Le 03/08/2020 Par Le360 Afrique - Afp