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Algérie: l’activiste Kamel-Eddine Fekhar entame une grève de la faim

Mise à jour le 21/11/2016 à 12h52 Publié le 21/11/2016 à 12h42 Par Le360 Afrique - MAP

#Société
 Kamel-Eddine Fekhar

Kamel-Eddine Fekhar, l’ex-responsable du bureau de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme à Ghardaïa.

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#Algérie : Pour protester contre sa détention "arbitraire", l'activiste des droits de l’Homme algérien, Kamel-Eddine Fekhar, observe depuis près d’une semaine une grève de la faim illimitée. Il est en détention depuis plus de 16 mois.

Kamel Eddine Fekhar, l’ex-responsable du bureau de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme à Ghardaïa, a entamé le 15 novembre dernier, avec Soufghanem Kacem, une grève de la faim illimitée, a annoncé son avocat, Me Salah Dabouze.
Il s’agit de la quatrième grève observée par ce militant des droits de l’Homme depuis son arrestation en juillet 2015, dans la foulée des événements tragiques ayant endeuillé la ville de Ghardaïa (600 km au Sud d’Alger).

Les grévistes protestent contre les autorités judiciaires qui tardent à procéder "à une expertise des vidéos" et à "l’audition des responsables qui se sont exprimés sur les événements", de nature à accélérer leur libération, a précisé la même source. L’avocat déplore également le fait que les deux plaintes déposées "pour agression lors de son arrestation" et "violation du domicile" n’ont pas été examinées par la justice.

Kamel Eddine Fekhar est sous mandat de dépôt depuis juillet 2015. Il est, entre autres, accusé de "constitution d’association de malfaiteurs pour atteinte à la souveraineté de l’État, à l’unité nationale, à la sûreté de l’État, d’attroupement armé et non armé et d’incitation au meurtre". "Il risque au moins vingt ans de prison. Ça peut arriver jusqu’à la perpétuité", selon son avocat.

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En mars dernier, sa famille a saisi le SG de l’ONU dans l’espoir qu’il intercède auprès du gouvernement algérien pour obtenir la libération de leur fils arrêté "arbitrairement", au lendemain des affrontements intercommunautaires d’une rare violence entre Arabes et Amazighs, survenus en juillet dernier, à Ghardaia, faisant au moins 22 morts et des dizaines de blessés.

Amnesty international avait demandé aux autorités algériennes "d’enquêter de manière prompte et impartiale sur ces incidents, ainsi que sur la réponse des forces de sécurité dans le cadre des affrontements". L’organisation internationale a également appelé les autorités à "briser le cycle de la violence dans la région de Ghardaïa en déployant les efforts nécessaires pour protéger les personnes avec équité".
Le 21/11/2016 Par Le360 Afrique - MAP