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Migration. Alger continue de jeter les Subsahariens dans le désert

Mise à jour le 29/06/2018 à 14h45 Publié le 29/06/2018 à 14h42 Par Mar Bassine

#Société
Algérie: la chosification des migrants africains se poursuit
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#Algérie : Visiblement la presse internationale ne compte pas laisser le régime algérien traiter les migrants subsahariens de manière inhumaine et dégradante sans rien dire. "Le Monde" donne la parole à des témoins, trois jours après les révélations accablantes d'Associated press.


Malgré les rapports de l'Organisation internationale pour les migrations et les condamnations de tous bords, l'Algérie reste fidèle à la barbarie. Elle continue d'expulser les migrants subsahariens via le désert à la frontière avec ses deux voisins du Sud, à savoir le Niger et le Mali. Des expulsions menées dans des conditions jugées inhumaines et régulièrement décrites comme une abomination par la presse. 

Dans sa livraison d'hier jeudi 28 juin, le quotidien français Le Monde traite du sujet en recueillant le témoignage de certains expulsés comme Sylvie ou Marie, deux femmes qui racontent leur interpellation à Alger, puis les conditions de leur expulsion. La première est Ivoirienne et la seconde Camerounaise, deux nationalités qui ne sont pas liées à l'accord signé entre Alger et Niamey pour le rapatriement des citoyens nigériens.


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En effet, chaque fois qu'elle est épinglée, l'Algérie évoque cet accord de 2014 qui l'autorise à expulser les Nigériens en situation irrégulière vers leur pays d'origine. Sauf que parmi les 12.000 Subsahariens jetés dans le désert quelques part entre Tamanrasset et Agadez, peu sont réellement Nigériens. 

Quoi qu'il en soit, Sylvie raconte avoir été arrêtée avec d'autres migrants le 3  juin dans la banlieue d'Alger. Le jour même, ils étaient tous, dans des bus à 16h en partance pour Tamanrasset. Quant à Marie, mère d'un nourrisson, elle connaîtra le même sort: arrestation à Alger, regroupement dans le camp de Zeralda et expulsion après un trajet de 1.800 km en bus. Sylvie et Marie ont eu la chance de n'avoir pas terminé le reste du chemin à pied. Elles ont été "prises en charge par la mission de secours nigérienne" et acheminées par camion à Agadez.

En revanche, le mari de Syvie a connu un sort différent. Pour lui, ce sera le calvaire que connaissent des milliers d'autres Subsahariens, condamnés pour certains à périr de soif dans le désert. C'est aussi le cas de Kader qui raconte: "ils nous ont montré la direction à prendre, ils sont partis. Nous avons marché". 

Ce reportage du quotidien français est publié trois jours après que Associated Press ait diffusé des images-chocs ainsi qu'un long article sur des conditions de ces expulsions. Visiblement, les pressions se multiplient de toute part grâce à la dénonciation, mais il n'est pas certain que cela arrêtera le régime algérien qui reste constant dans une démarche soutenue au plus haut niveau de l'Etat. 
Le 29/06/2018 Par Mar Bassine