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Vidéos. Algérie: une catastrophe environnementale suite à la fuite de pétrole de deux oléoducs de la Sonatrach

Mise à jour le 08/09/2020 à 09h53 Publié le 06/09/2020 à 19h49 Par Moussa Diop

#Société
Catastrophe environnemental de l'oléoduc de la Sonatrach
© Copyright : DR

#Algérie : La fuite de deux oléoducs de la Sonatrach a entraîné le déversement d’importantes quantités de pétrole à El Oued, dans la région d’El Baaj. De grosses quantités de pétrole ont ainsi pollué les eaux de l’oued Itell. Les agriculteurs de la région parlent d’une véritable catastrophe écologique.

La Sonatrach avait annoncé le vendredi soir deux fuites de pétrole au niveau du pipeline OK1 dans la région d’El Baaj (El Oued), reliant le bassin rouge, Hassi Messaoud et Skikda. Si le groupe public algérien a depuis tenté de rassurer que ses équipes techniques spécialisées avaient réussi à absorber la quantité de pétrole répandue et a entamé les travaux d’entretien au niveau des parties endommagées de l’oléoduc, il n’en demeure pas moins que ces fuites auront des répercussions écologiques de grande ampleur.

En effet, de grandes quantités de pétrole se sont échappées de l’oléoduc pour se mélanger avec les importantes quantités d’eau tombées lors des dernières pluies avant de se déverser dans les eaux de l’oued Itell. Ce qui constitue un désastre environnemental pour les agriculteurs de la région du fait de la pollution de l’eau. En plus, un gigantesque incendie consécutif  à ces fuites de pétrole
a empiré la situation. 



Conséquence: les agriculteurs de la région, qui cultivent les terres et exploitent les palmeraies, sont dans l’expectative totale en découvrant cette catastrophe écologique. «Mes palmiers risquent de mourir à cause de la pollution au pétrole», a lancé un agriculteur à la délégation ministérielle qui s’est rendue sur place pour constater les dégâts. 

Cette situation touche également les éleveurs, sachant que cette région est également le fief des pâturages pour camelins.


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«Les premières informations dont nous disposons indiquent que les puits se trouvant autour de l’oued ont été impactés, mais l’eau potable des villes limitrophes n’a pas été touchée», a souligné Kamel Beldjoud, ministre de l’Intérieur, cité par El Watan, ajoutant que «pour ce qui est de l’agriculture, les spécialistes sont sur le terrain pour mesurer l’impact sur les terres agricoles. S’il s’avère que des terres agricoles ont été touchées, l’Etat sera là pour intervenir».

Il a aussi rassuré les agriculteurs en soulignant que «les doléances des professionnels, notamment les agriculteurs et éleveurs affectés par l’incident, seront prises en charge».


Pire, la direction de l’Environnement de la wilaya d’El Oued a reconnu l’ampleur des dégâts sur les zones cultivées et sur la diversité biologique. Elle a aussi évoqué l’éventuelle pollution du lac salé de Chot Melghigh, le plus grand lac en Algérie qui s’étale sur 5.5500 km2, et où verse l’Oued Itell, et qui est classé zone humide et protégée par la Convention internationale Ramsar.

Pour sa part, le patron de la Sonatrach, Toufik Hakkar, qui a aussi fait le déplacement sur les lieux, a reconnu la gravité de la catastrophe tout en se voulant rassurant. Il a aussi souligné que le groupe continuera à réaliser des contrôles continus des eaux souteraines pendant une année.


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Face aux agriculteurs, le patron de la Sonatrach s’est engagé à traiter et réparer les dégâts causés par la nappe de pétrole qui s'est échappée des deux oléoducs distants de 500 mètres. Mieux, il a souligné que cette catastrophe ne laissera pas de traces sur les terres. Ce qui est loin d’être sûr. 

Concernant les causes de ces fuites, si la Sonatrach indexe les importantes intempéries consécutives aux pluies diluviennes qui sont tombées dans la région et de l’exploitation de la carrière, d’autres indexent le manque d’entretien des oléoducs du groupe Sonatrach.



Pour certains experts, cette catastrophe s’explique par le fait que les pipelines sont posés anarchiquement sur le sable en traversant l’oued et des zones basses alors qu’ils devraient être fixés dans des moules en béton.

Et pour déterminer la véritable cause de cette catastrophe écologique, qui touche à la fois l’activité économique de la région et l’environnement naturel, le ministre de l’Intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, a affirmé à El-Oued qu’une enquête administrative approfondie sera enclenchée pour déterminer les circonstances et les causes exactes de ces fuites.
Le 06/09/2020 Par Moussa Diop