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Cameroun: une route pour désenclaver et apaiser les régions anglophones

Publié le 17/05/2017 à 14h45 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

#Economie
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#Autres pays : Le gouvernement a lancé mardi les travaux de construction de la voie devant relier Bamenda, la capitale de la région du nord-ouest, épicentre de la contestation anglophone, à la localité de Babadjou.

Le  ministre camerounais  des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a procédé ce mardi 16 mai 2017, au lancement des travaux de construction de la route devant relier Bamenda à Babadjou.

Cet axe routier va joindre la capitale régionale du nord-ouest, épicentre de la contestation anglophone, à la région de l’ouest. La durée des travaux de reconstruction de la route est de deux ans. La rénovation complète du tronçon routier fait partie d’un vaste projet d’un coût de 60 milliards de francs CFA. Des fonds mobilisés par la Banque mondiale et l'Etat du Cameroun.

L'indemnisation des populations riveraines appelées à déguerpir dans le cadre des travaux a également démarré, en marge du lancement officiel du projet.


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Dans les détails, il s’agira de reconstruire le tronçon Babadjou-Bamenda long de 35 km et d’installer la voie de contournement de la falaise de Bamenda sur 5 km. Il est également prévu d’aménager la traversée urbaine de la ville de Bamenda étendue sur 12 km. Ce qui fait un total de 52 km de route à construire à hauteur de 40 milliards de F CFA.

Les 20 milliards de F FCFA restants concernent des travaux annexes. Notamment la construction d'une station de pesage, d’un poste de péage et de deux aires de repos. Au programme également 50 km de routes secondaires pour faciliter l’accès aux bassins agricoles, des marchés et des mini systèmes d'adduction d’eau potable.


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Aujourd’hui, cet axe routier est complètement dégradé et il faut parfois jusqu’à deux heures pour effectuer les 35 km de distance, contre une vingtaine de minutes auparavant. Un calvaire longtemps dénoncé par les populations qui se disaient victimes d’abandon de la part de l’Etat.

Aussi, dans un contexte lié aux revendications anglophones, le gouvernement camerounais espère-t-il que ce geste va contribuer à apaiser les populations de cette ère géographique. «Nous espérons que les discours du ministre des Travaux publics et de l'entrepreneur sur la qualité du travail qui sera fait ne sont pas seulement des mots politiques.

Souvent, ils font de bons travaux ailleurs, puis viennent à Bamenda et pulvérisent du goudron sur les routes et partent, tandis que les pluies suivantes les détériorent», a averti John Fru Ndi, leader du Social democratic front, le principal parti d’opposition et originaire de la région.
Le 17/05/2017 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne