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Cameroun. Liberté de la presse: la responsabilité des journalistes en question

Publié le 04/05/2017 à 13h33 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

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#Autres pays : La journée du 3 mai 2017 a été célèbrée au Cameroun dans un contexte marqué par la condamnation du correspondant en langue Haoussa de RFI, Ahmed Abba. Les autorités du pays persistent pourtant à dire que la liberté de la presse est une réalité dans le pays.

Lors du point de presse organisé en marge des célébrations de la Journée internationale de la liberté de la presse, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary l’a martelé : la liberté de la presse est une réalité «vivante» au Cameroun. «A ce jour, aucun journaliste exerçant au Cameroun n’est privé de sa liberté en raison de l’exercice régulier de son métier.

Et si quelques journalistes se sont retrouvés en rupture de ban avec la justice de notre pays, selon le ministre, c’est toujours pour des raisons n’ayant rien à voir avec la pratique intrinsèque et orthodoxe de leur métier», a déclaré le ministre.

Pourtant, le public a encore en esprit, la condamnation, il y a quelques jours, à dix ans de prison, d’Ahmed Abba, le correspondant en langue Haoussa de Radio France Internationale (RFI). Il s’agit, selon le ministre de la Communication, de la peine minimale pour le motif de «blanchiment de produits du terrorisme» retenu contre lui.


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Pour Issa Tchiroma Bakary, la lutte contre le terrorisme et la situation particulière qui prévaut dans l’extrême-nord du pays où sévit la secte Boko Haram, imposent plus de responsabilités aux journalistes. «Les médias nationaux se doivent de faire chorus aux côtés de tous ceux qui luttent aux avant-postes de la contre-offensive militaire, pour combattre cette agression et la réduire à néant», affirme le ministre.

Mais pour Reporters Sans Frontières, les journalistes au Cameroun sont désormais poursuivis en vertu de la loi antiterroriste de 2014 et jugés par des tribunaux militaires, avec des sanctions qui sont beaucoup plus sévères que par le passé.

Aussi, le débat fait-il rage au sujet de l’implication du journaliste dans la préservation de la paix sociale et la responsabilité de celui-ci. «Lorsqu’il n’y a pas de paix, les médias ne sont pas épargnés par les contrecoups de la guerre. Le code de déontologie de la presse contient des dispositions qui exigent une certaine exemplarité par rapport à la paix sociale et l’ordre républicain», pense Alain George Boyomo, directeur de publication de Mutations, un quotidien privé d’informations générales.


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D’après les statistiques du ministère de la Communication, le Cameroun compte plus de 600 titres dans la presse écrite, au moins 200 stations de radiodiffusion sonore et plus d’une trentaine de chaînes de télévision. «S’agissant de l’indépendance éditoriale, seul un quotidien d’information politique générale et un organisme de radio télévision relèvent du secteur public», précise-t-on du côté du ministère. D’autres problèmes comme la précarité de la presse, le rôle des médias sociaux...  ont été abordés lors de la célébration du 3 mai.
Le 04/05/2017 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

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