Fermer

Gambie: le piège juridique s'est refermé sur Jammeh

Mise à jour le 10/01/2017 à 18h49 Publié le 10/01/2017 à 18h44 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Cour suprême gambienne
© Copyright : DR

#Autres pays : Réunie mardi pour l’examen du recours du président Yahya Jammeh, après sa défaite au scrutin présidentiel du 1er décembre 2016, la Cour suprême de Gambie, faute de juges, a décidé de renvoyer l’affaire au mois de mai 2017. Un piège qui se referme ainsi sur le président sortant.

L’audience a été ouverte vers 10 heures (TU et locales) selon la BBC. «Les 9 personnes réunies au siège de la Cour suprême informent le représentant de Jammeh de l’absence du président de la Cour suprême, qui ne sera disponible qu’en mai et lui demandent s’il confirme la plainte du chef de l’Etat sortant à cette date. Ce dernier répond par l’affirmative».

Les raisons du renvoi s'expliquent par le fait qu’aucun des cinq (5) juges désignés pour statuer sur le recours du président de Gambie ne se trouvait à Banjul.

Les 5 juges étrangers sollicités par Yahya Jammeh pour mettre du sable dans le choix souverain du peuple de Gambie sont nigérians (3) et sierra léonais (2).


LIRE AUSSI :
Gambie: Yahya Jammeh sourd aux pressions internationales

Gambie: l'armée maintient son soutien à Yahya Jammeh


Réagissant à l’annonce de cette nouvelle sur les réseaux sociaux, Lô Gourmo, professeur de droit et avocat mauritanien, estime que cette situation devrait «conforter davantage le piège juridique dans lequel se trouve le président sortant de Gambie. Les recours de cette nature n’étant pas suspensifs, c’est donc le président officiellement déclaré élu par la Commission électorale qui prendra fonction à la date prévue…. jusqu’à décision contraire de la Cour suprême en mai, indépendamment des conditions de constitution de cette cour…. Qui par trop joue avec le feu du droit».

La juridiction fantôme de Jammeh est finalement restée fidèle à son caractère fictif.

L’interrogation porte désormais sur l’épilogue des négociations qui se poursuivent par l’intermédiaire de la CEDEAO, pour pousser le dictateur de Banjul à céder pacifiquement le pouvoir à la date du 19 janvier 2017. A défaut, il faudra le déloger par la force. 
Le 10/01/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

à lire aussi