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Zimbabwe: Mugabe célèbre ses 37 ans de pouvoir et en redemande

Mise à jour le 20/04/2017 à 18h03 Publié le 20/04/2017 à 17h46 Par Kofi Gabriel

#Politique
MUgabe en route pour Marrakech

Robert Mugabe, président du Zimbabwe.

© Copyright : DR

#Autres pays : Le Zimbabwe fête le 37e anniversaire de son indépendance et les 37 ans de pouvoir de Mugabe. A 93 ans, après avoir ruiné le grenier de l’Afrique australe, le plus vieux président au monde, devenu impopulaire, compte toujours se présenter à l'élection présidentielle de 2018.

Kiosque le360 Afrique. Robert Mugabe est le plus vieux chef d’Etat en activité au monde et le 3e président le plus ancien au pouvoir en Afrique après l’Equato-Guinéen Téodoro Obiang Nguema, et l’Angolais Jose Eduardo dos Santos. Il vient de fêter ses 37 ans au pouvoir, années qui se confondent aux 37 ans d’indépendance du Zimbabwé.

Seulement, 37 ans de pouvoir, ça use même les anciens guérilleros rompus à la lutte pour l’indépendance. Mugabe semble avoir perdu le contrôle d'un pays à genou économiquement et ou la pauvreté touche de plus en plus de zimbabwéens. Du coup, comme le souligne à juste titre Le Monde, «c’est un anniversaire au goût suave pour certain, amer pour d’autres». Si le clan Mugabe en a fait un motif de réjouissance en organisant des fêtes fastes, les principaux leaders de l’opposition avaient préféré boycotter les cérémonies officielles. «Etant donné la pauvreté extrême qui nous entoure et les souffrances aigües endurées par la population, il n’y a rien à célébrer», a déclaré Morgan Tsyangirai, chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC).


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Cette réalité est rappelée par le Financial Times qui parle d’un «Etat en pleine déliquescence économique», justifiant cela par la déconfiture de la monnaie zimbabwéenne qui fait que «le bétail est désormais accepté comme monnaie d’échange, un signe patent de désespoir». Une manière de faire semblant de maintenir l’économie du pays à flot.

Cette frustration est résumée par Tendai Biti, ancien secrétaire général du MDC et fondateur du Parti démocratique du peuple qui explique que «l’incapacité de ceux qui sont au pouvoir à répondre aux besoins du peuple a volé à celui-ci le droit de recueillir les fruits du sacrifice consenti par les libérateurs». Il dénonce ainsi le système Mugabe, basé sur un clan qui s’enrichit au moment où le peuple traverse une situation catastrophique.

Non content du titre du plus vieux président de la planète en activité, le ”vieux crocodile” -c'est ainsi qu'on surnomme Robert Mugabe- a déjà annoncé qu’il serait candidat à sa propre succession en 2018, à l’âge de 94 ans. Voilà qui fait bondir le quotidien indépendant NewsDay: «un homme de 93 ans, quel qu’il soit, est incapable d’apporter des réponses aux maux du XXIe siècle», expliquant que «le parti pris idéologique qui est à l’origine des problèmes ne saurait trouver des solutions susceptibles de les résoudre». Mugabe n’en a cure, ce qui l’intéresse, c’est de garder la haute main sur la scène politique zimbabwéenne jusqu’à la mort.


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En tout cas, l’opposition zimbabwéenne ne compte pas le laisser poursuivre son aventure à la tête du pays. Ainsi, le chef de file de l’opposition, Morgan Tsyangirai, et l’ex-vice-présidente du parti au pouvoir, Joice Mujuru, en rupture de ban, se sont-ils alliés pour déloger le vieux président qui a beaucoup perdu de sa popularité au cours de ces dernières années, mais qui s’accroche au pouvoir.

Afin de le déloger lors des élections présidentielles de 2018, l’opposition préparerait une large alliance pour contrer la machine électorale de la ZANU-PF. Mais est-ce que ce sera suffisant pour ramener le vieux crocodile à la raison? En attendant, son peuple trinque.
Le 20/04/2017 Par Kofi Gabriel

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