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RD Congo: investiture sous haute tension du gouvernement Tshibala

Mise à jour le 16/05/2017 à 13h08 Publié le 16/05/2017 à 13h04 Par De notre correspondant à Kinshasa Tshieke Bukasa

#Politique
Bruno Tshibala

Bruno Tshibala, nouveau premier ministre de la RD Congo.

© Copyright : DR

#Autres pays : C’est ce mardi 16 mai qu’aura lieu l’investiture du gouvernement Tshibala, boudé par l’opposition. Seul hic, l’Assemblée nationale qui doit lui accorder son feu vert est illégitime, car son mandat a expiré depuis presque 3 mois.

Dévoilée il y a une semaine, le mardi 9 mai, après plus d’un mois d’attente, l’équipe gouvernementale du Premier ministre congolais, Bruno Tshibala, attend son investiture ce mardi 16 mai 2017 auprès des élus nationaux. Un grand couac cependant: l’Assemblée nationale qui doit lui donner le feu vert, ainsi que les moyens de sa politique est tombée dans l’illégitimité depuis le 20 février dernier.

Boudant la désignation de Bruno Tshibala comme Premier ministre, une frange de l’opposition a promis de le faire sentir vivement à la plénière prévue ce mardi à l’hémicycle national. Dans le lot, le député de l'Union pour la nation congolaise (UNC), Crispin Mbindule, a décidé de boycotter ces assises, alors que son parti, conduit par Vital Kamhere, ancien proche collaborateur du président Joseph Kabila, est dans le gouvernement.


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Interrogé par le360afrique, cet élu a indiqué que la formation de ce gouvernement ne cadre pas avec l'esprit et la lettre de l'Accord de la Saint Sylvestre. «Je ne peux donner ma caution à un gouvernement qui ne répond pas aux aspirations du peuple congolais. Le programme du gouvernement Tshibala, déjà distribué aux députés, est muet sur l'organisation des élections en décembre 2017, conformément à l'Accord du 31 décembre 2016», a-t-il fustigé.

Quant à son homologue Martin Fayulu de l’Ecidé, il a simplement décidé de ne plus siéger au parlement, devenu illégitime depuis le mois de février 2017, après la fin des 5 ans de mandat donné aux députés par le peuple. Il a fait remarquer que l'Accord du 31 décembre 2016, seule source de légitimité de toutes les institutions, a été violé par la majorité au pouvoir qui a opéré un passage en force dernièrement, en faisant signer l’Arrangement particulier avec une frange de l’opposition.


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Nonobstant l’agitation de l’opposition, la majorité au pouvoir a confirmé sa participation à cette plénière pour soutenir ce programme du gouvernement Tshibala. Pour le député Florent Mulumba, il faut soutenir cette équipe dont le programme s'articule autour de 4 missions principales, à savoir: oeuvrer pour l'organisation des élections crédibles, libres, transparentes et apaisées dans le délai convenu ; mettre fin à la dégradation de la situation économique du pays ; améliorer les conditions de vie de la population ; restaurer la sécurité des personnes et de leurs biens sur l'ensemble du territoire national.

Somme toute, son collègue membre de la majorité, Mbayo, a invité la classe politique à l’apaisement et à plus de responsabilité afin de donner la chance à Bruno Tshibala d’organiser de bonnes élections. «Ne gaspillons pas nos énergies. Aidons plutôt le gouvernement à mobiliser des ressources internes et externes nécessaires pour financer le budget des élections et à explorer des voies et moyens de rationalisation du système électoral pour la réductions des  coûts des opérations» a-t-il conclu.

Le 16/05/2017 Par De notre correspondant à Kinshasa Tshieke Bukasa