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Gambie: un "chasseur" d'anciens dictateurs aux trousses de Jammeh

Mise à jour le 01/10/2017 à 16h22 Publié le 01/10/2017 à 15h57 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
jammeh et armée gambienne

#Autres pays : Reedy Brody, avocat de New York travaillant pour Human Right Watch (HRW), a rencontré une association de victimes de Yaya Jammeh, l'ex-président gambien, en vue de préparer un dossier devant déboucher sur des poursuites contre l'ancien dictateur.

Parti finalement sur la pointe des pieds le 21 janvier 2017,  après avoir rejeté les résultats du scrutin présidentiel de décembre 2016, Yahya Jammeh, l'ancien président de la Gambie pendant plus de 20 ans, a du souci à se faire.

En effet, l’ancien homme fort de Banjul est dans le viseur de Reed Brody, un avocat né à New York d’un père rescapé d’un camp de concentration nazi, et travaillant pour l’ONG Human Right Watch, selon une révélation du journal gambien The Point relayée par le quotidien dakarois Les Echos.

Exilé en Guinée équatoriale, Jammeh est accusé d’avoir commis de multiples actes sanguinaires sur plusieurs centaines de ses concitoyens.

Parmi les états de service de Reed Brody figure un travail mené en vue de déférer devant la justice un célèbre dictateur, Hissein Habré, ancien chef de l’Etat tchadien, condamné à la réclusion perpétuelle par les Chambres africaines extraordinaires, siégeant à Dakar, après un procès-fleuve.


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Un dossier pour la constitution duquel l’avocat a consacré une bonne part des activités de son bureau pendant 13 longues années.

S’exprimant dans les colonnes du journal gambien, la toge noire a déclaré "nous commençons tout juste à travailler avec l’association des victimes, pour les organiser, obtenir leur accord pour exercer une influence dans le processus de transition de la justice et dans la constitution des preuves contre Yaya Jammeh. La clé, c’est de créer les conditions d’une volonté politique, essentielle pour faire en sorte que les victimes racontent leur histoire".

De plus, ajoute-t-il, "nous avons vu dans l’affaire Habré, que grâce à la ténacité, à la persévérance et à l’imagination, les victimes peuvent créer les conditions politiques pour traduire un président africain en justice, sur le continent avec le soutien de l’Union africaine (UA)".

Inspiré et encouragé par cet exemple, ce militant résolu "de la lutte des peuples en souffrance" entend accrocher à son tableau de chasse l’ancien putschiste et dictateur de Banjul.


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Réfugié au Sénégal depuis 1990 et se croyant en "sécurité" par la garantie de l’impunité, Habré est finalement tombé dans l’escarcelle de Brody comme un trophée.

Il faut signaler qu’en marge de la 72e session de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU), tenue récemment à New York, le président Adama Barro, successeur de Yaya Jammeh, a rencontré le chef de l’Etat de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema dont le pays accueille le dictateur déchu.

Toutefois, aucune information n’a filtré concernant les questions abordées par les deux présidents au cours de cette entrevue.
         
Le 01/10/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya