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Afrique du Sud: le vice-président Ramaphosa souligne que "les personnes corrompues seront jugées"

Publié le 11/02/2018 à 19h00 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
Cyril Ramaphosa

Cyril Ramaphosa, Président de l'ANC et Vice-président de l'Afrique du Sud.

© Copyright : DR

#Autres pays : Le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui négocie avec le controversé président Jacob Zuma son départ anticipé, a promis dimanche "un nouveau départ" pour le pays, assurant que "les personnes corrompues seront jugées".

Cyril Ramaphosa, le nouveau patron du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), avait assuré mercredi que les tractations avec le président seraient conclues "dans les jours qui viennent".

Mais l'ANC a appelé samedi à "la patience", laissant entendre que le président s'accrochait au pouvoir.

Cyril Ramaphosa doit prendre la parole dimanche après-midi au Cap (sud-ouest) à l'occasion des commémorations du centenaire de la naissance de Nelson Mandela, icône de l'ANC.

Plus tôt dans la matinée, il a assisté à l'office dominical et remercié, à la sortie de la cathédrale St George, "la congrégation pour son soutien absolu au moment de négocier cette transition" politique.

Dans l'attente de son discours officiel, des dizaines de milliers de personnes, habillées de jaune, vert et noir, les couleurs de l'ANC, étaient massées à la mi-journée sur la place principale du Cap.


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Un lieu extrêmement symbolique puisque c'est ici, vingt-huit ans jour pour jour, que Nelson Mandela s'était exprimé après sa sortie de prison devant une foule survoltée. Cyril Ramaphosa, alors jeune leader syndical, lui tenait le micro.

L'optimisme provoqué par la libération en 1990 de Nelson Mandela et la fin inéluctable de l'apartheid contraste avec l’actuel climat politique nauséabond en Afrique du Sud.

La présidence Zuma, au pouvoir depuis 2009, est marquée par des scandales de corruption à répétition et une économie en berne, avec un taux de chômage record à 27,7%.

"Nous sommes dans une période très difficile", a reconnu dimanche la secrétaire générale adjointe de l'ANC, Jessie Duarte. "Il ne fait aucun doute que cela requiert énormément de courage" pour la surmonter.

Vote de défiance

La nouvelle direction de l'ANC tente de se débarrasser au plus vite de l'encombrant Zuma, avec en ligne de mire les élections générales de 2019.


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Le 4 février, elle lui a enjoint de démissionner. Le président a répondu qu'il "n'irait nulle part", a raconté le trésorier général du parti, Paul Mashatile.

Depuis, les deux acteurs clés de la crise ont engagé des négociations directes, qui semblent piétiner.

Dimanche, l'ANC a annoncé la convocation d'urgence pour le lendemain de son principal organe de décision, le Comité national exécutif (NEC). L'ANC "reconnaît qu'il ne peut plus laisser traîner les choses", a estimé Mcebisi Ndletyana, professeur de sciences politiques à l'université de Johannesburg.

A cette occasion, le NEC devrait être informé des conclusions des discussions, a-t-il expliqué à l'AFP.

Si Jacob Zuma refuse de démissionner, le NEC a les moyens de le rappeler. Comme il l'avait fait en 2008, avec le président Thabo Mbeki, qui s'était soumis à cette décision et avait démissionné.

Mais ce scénario est peu probable, car le président Zuma "ne reconnaît pas l'autorité du NEC", selon Mcebisi Ndletyana. Dans ces conditions, "il serait logique que le NEC court-circuite le processus et dépose une motion de défiance" au Parlement, a-t-il ajouté.

Les négociations au sommet achoppent sur les termes du départ de Jacob Zuma. Selon les médias locaux, le président demande notamment la prise en charge de ses frais de justice.

Il est menacé d'être poursuivi pour 783 versements de pots-de-vin dans une affaire d'armement. Son nom est aussi au coeur d'un énorme scandale de malversations et de corruption, impliquant une riche famille d'hommes d'affaires, les Gupta.

L'obstination du président à refuser de démissionner a provoqué l'annulation de plusieurs rendez-vous politiques cette semaine. Et en premier, le discours annuel du chef de l'Etat devant le Parlement. Une décision sans précédent dans l'histoire de l'Afrique du Sud.

Le pouvoir de Jacob Zuma, réputé insubmersible, a commencé à vaciller en décembre avec l'élection de Cyril Ramaphosa à la tête de l'ANC. Le président n'a pas réussi à imposer sa candidate, Nkosazana Dlamini-Zuma, son ancienne épouse.

Depuis, Cyril Ramaphosa, qui a fait sa campagne sur la lutte contre la corruption, tente de faire tomber Jacob Zuma, mais il doit ménager toutes les sensibilités au sein de l'ANC, très divisé. Il joue gros. En cas de démission du président, il lui succédera.

Le 11/02/2018 Par Le360 Afrique - Afp