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Ethiopie. Explosion: le FBI apporte son aide à l'enquête

Publié le 25/06/2018 à 20h25 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
Ethiopie explosion
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#Autres pays : La police fédérale américaine (FBI) va aider les autorités éthiopiennes dans leur enquête sur l'attaque à la grenade qui a fait deux morts samedi au sein d'une foule venue écouter le Premier ministre, a annoncé lundi la radio-télévision Fana (proche du pouvoir).

"Le gouvernement américain a dit qu'il allait envoyer des experts du FBI pour enquêter sur l'explosion de samedi lors d'un rassemblement pour soutenir le programme de réformes du Premier ministre Abiy Ahmed", a indiqué Fana sur son site internet.

Un porte-parole de l'ambassade américaine en Ethiopie a confirmé l'information.

Lundi, un photographe de l'AFP a vu quatre personnes ne semblant pas être éthiopiennes inspecter le site de l'explosion, une voiture de l'ambassade américaine stationnée à quelques mètres de là.

L'explosion a eu lieu samedi alors que Abiy venait d'achever son discours devant des dizaines de milliers de personnes réunies sur la place Meskel, dans le centre de la capitale. Deux personnes ont été tuées et plus de 150 blessées dans l'explosion et le mouvement de panique.


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Le Premier ministre avait quitté les lieux sain et sauf dans la foulée de cette attaque qui n'a pas été revendiquée.

Selon Fana, 30 personnes soupçonnées d'être impliquées dans l'attaque ont été arrêtées ainsi que des responsables de la police.

Depuis sa prise de fonctions en avril, après plus de deux années de manifestations antigouvernementales ayant coûté son poste à son prédécesseur, Hailemariam Desalegn, Abiy, 42 ans, a lancé des changements majeurs.

Il a libéré nombre d'opposants emprisonnés, mis fin à l'état d'urgence, opéré un important remaniement de responsables sécuritaires, lancé une libéralisation de l'économie et décidé de mettre un point final au différend frontalier avec l'Érythrée.

Ces mesures ont fait grimper sa popularité auprès des Ethiopiens, mais ne sont pas sans provoquer des tensions.


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Sa promesse de rétrocéder à l'Érythrée des portions de territoires frontaliers a déjà suscité en Ethiopie la réprobation des Tigréens, très influents dans les cercles du pouvoir avant sa nomination.

Délégation érythréenne

Une délégation érythréenne est attendue cette semaine en Ethiopie à la suite de la promesse d'Addis Abeba d'appliquer un accord de paix signé en 2000 entre les deux voisins ennemis, a annoncé lundi Fana.

"Une délégation gouvernementale érythréenne de haut niveau arrivera à Addis Abeba cette semaine", a indiqué Fana sur son site internet, sans fournir d'autres détails sur cette rare rencontre diplomatique entre Erythréens et Ethiopiens.

L'Ethiopie et l'Erythrée se sont livré de 1998 à 2000 une longue guerre de tranchées qui a fait quelque 80.000 morts, notamment en raison d'un désaccord sur leur frontière commune. Le refus éthiopien d'appliquer une décision en 2002 d'une commission soutenue par l'ONU sur le tracé de la frontière a ensuite entretenu l'animosité entre les deux pays.


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Mais le nouveau Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a amorcé début juin un profond changement de politique, en annonçant son intention d'appliquer l'accord de paix signé en 2000 avec l'Erythrée et les conclusions de la commission internationale indépendante sur la démarcation de la frontière.

L'Ethiopie n'a pas indiqué quand ses troupes quitteraient la ville symbole de Badme, accordée à l'Erythrée en 2002. Un journaliste de l'AFP a constaté à la mi-juin qu'elles étaient toujours sur place.

A la suite de la promesse éthiopienne, le président érythréen Issaias Afeworki avait salué des "signaux positifs" et annoncé l'envoi prochain d'une délégation en Ethiopie.

Autrefois façade maritime de l'Ethiopie avec ses deux ports de Massawa et Assab, l'Erythrée avait déclaré son indépendance en 1993 après avoir chassé les troupes éthiopiennes de son territoire en 1991 au terme d'une guerre de libération de trois décennies. A l'époque, les guérillas érythréenne et tigréenne s'étaient alliées pour renverser le pouvoir d'Hailé Mariam Mengistu en mai 1991.
Le 25/06/2018 Par Le360 Afrique - Afp