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Cameroun. Crise anglophone: les Etats-Unis condamnent la décapitation de deux soldats

Publié le 30/04/2019 à 09h10 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

#Politique
Crise anglophone
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#Autres pays : L’ambassade américaine demande aux forces de l’ordre de ne pas engager de représailles contre les auteurs de ces «agressions» et invite les deux parties à engager le dialogue.

L’ambassade des Etats-Unis «déplore les actes de torture, le démembrement et la décapitation d’un gendarme» dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, et condamne également «la décapitation d'un soldat camerounais» à Bamenda, capitale régionale du Nord-Ouest et bastion de la crise anglophone, indique la représentation diplomatique américaine dans un communiqué publié le 26 avril dernier sur son site Internet.

Le communiqué ne précise toutefois quand ces assassinats ont eu lieu. Tout en présentant ses condoléances aux familles éprouvées, la chancellerie américaine appelle toute personne disposant «d'informations susceptibles» de contribuer à l'identification des auteurs de ces actes, «à assister les autorités légales et à soutenir une enquête et un procès justes et transparents».

Elle exhorte cependant les forces de défense et de sécurité à faire preuve de retenue, car «les représailles contre ces provocations mettraient en danger la population civile et ne feraient que nourrir un cycle de violences».


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Pour les Etats-Unis, il faut mettre fin au cycle de violences dans les deux régions anglophones, devenues le terrain d’affrontements quasi-quotidiens entre forces de l’ordre et combattants séparatistes. «Maintenant plus que jamais, nous appelons les deux parties à engager un dialogue élargi sans conditions préalables», recommande l’ambassade américaine.

Ce n’est pas la première fois que des soldats sont exécutés dans le cadre de la crise anglophone. L’année dernière, deux vidéos montrant des séparatistes ayant décapité un gendarme dans cette partie du pays a fait le tour des réseaux sociaux, suscitant de multiples condamnations à travers le monde, dont celle d’Amnesty International.

L’année dernière, l’ONG de défense des droits de l’Homme déclarait avoir recensé plus de 160 membres des forces de  sécurité exécutés par des séparatistes en deux ans. Elle indiquait par ailleurs que ce nombre est sous-évalué.
Le 30/04/2019 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell