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Bénin: l'ex-premier ministre, Lionel Zinsou, condamné à 5 ans d'inéligibilité

Mise à jour le 03/08/2019 à 10h53 Publié le 03/08/2019 à 10h51 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
Bénin: l'ex-premier ministre, Lionel Zinsou, condamné à 5 ans d'inéligibilité

Lionel Zinsou, ex-premier ministre béninois.

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#Autres pays : Candidat perdant de la présidentielle de 2016 face à Patrice Talon, l’ancien chef du gouvernement de Boni Yayi était poursuivi pour « usage de faux documents » lors de la campagne présidentielle


L’ancien premier ministre Lionel Zinsou, arrivé second à la dernière élection présidentielle béninoise, a été condamné, vendredi 2 août, à Cotonou à cinq ans inéligibilité et six mois d’emprisonnement avec sursis pour « usage de faux documents ». Cette condamnation est prononcée dans un contexte de durcissement du régime du président Patrice Talon, qui fut le gagnant du scrutin présidentiel d’avril 2016.

Lionel Zinsou, ancien premier ministre du Bénin sous la présidence de Boni Yayi et qui vit en France, a été condamné « à cinq ans d’inéligibilité pour toutes les élections à venir en République du Bénin, à six mois d’emprisonnement assorti de sursis », a déclaré une source du tribunal de Cotonou qui l’a jugé. Il était accusé d’avoir masqué ses dépassements de comptes de campagne électorale en utilisant de « fausses attestations ou un certificat falsifié », note cette source.


Le procès contre Lionel Zinsou, grand rival de l’actuel président Talon, a démarré il y a environ deux mois, mais lui-même n’a pas assisté aux audiences.


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L’homme politique était déjà visé par une plainte liée au remboursement d’une dette de 15 milliards de francs CFA (23 millions d’euros) contractée durant la campagne auprès de la société Ebomaf, qui a depuis décroché plusieurs gros contrats avec l’Etat béninois. Le procès n’avait pas vu le jour, mais des sources proches de M. Zinsou ont confié qu’il évitait de revenir au Bénin par crainte d’y être arrêté et avait renoncé à assister au mariage de sa fille en novembre 2018.

Répression dans le sang


De nombreux observateurs locaux et internationaux dénoncent régulièrement un tournant autoritaire du régime du président Talon dans un pays réputé être un exemple de démocratie en Afrique de l’Ouest.

La grande majorité des opposants à M. Talon vit désormais en exil, déjà tous condamnés en leur absence ou craignant des mesures judiciaires à leur encontre s’ils reviennent au Bénin.

Sébastien Ajavon, président du patronat béninois et richissime homme d’affaires qui vit également en France, a été condamné fin 2018 à vingt ans de prison dans une sombre affaire de trafic de cocaïne, jugée en quelques jours à peine par une cour spéciale après qu’un premier tribunal l’avait acquitté. Sébastien Ajavon était arrivé troisième à la présidentielle de 2016 et avait fait alliance avec Patrice Talon pour lui faire remporter l’élection contre Lionel Zinsou.


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Fin juin, l’ancien président Thomas Boni Yayi, qui avait violemment condamné la tenue des élections législatives en avril auxquelles l’opposition n’a pas pu présenter de listes, a été forcé à l’exil pour une destination inconnue après deux mois de siège des forces de l’ordre autour de son domicile. Le 23 juin, l’ex-chef de l’Etat, s’est envolé pour le Togo afin d’y recevoir des soins.

Des manifestations ont éclaté début mai et à la mi-juin dans des bastions de l’opposition et ont été réprimées dans le sang, faisant une dizaine de morts par balles.

Liste de personnes recherchées
Fin juillet, le ministre de la justice a signé un décret interdisant de délivrer tout document administratif (carte d’identité, passeport, quitus fiscal…) aux personnes actuellement sous le coup d’une procédure judiciaire et qui ne se présentent pas aux convocations policières.

Une liste de plusieurs centaines de personnes dites « recherchées » a été publiée sur le site du ministère de la justice, avec la mention de leur crime ou délit supposé. Parmi elles figurent plusieurs personnalités politiques, dont deux anciens ministres, des anciens députés ou l’ancien maire de Cotonou, accusés de se soustraire à la justice du pays.


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Pour Vincent Foly, éditorialiste et rédacteur en chef de La Nouvelle Tribune, ce décret est une nouvelle manifestation de la « mainmise » de Patrice Talon sur le pays. « Il prend des décisions qui, l’air de rien, visent les opposants », analyse le commentateur politique dans une interview avec l’AFP.

Cette stratégie et ce durcissement sont d’autant plus surprenants que Patrice Talon avait plaidé pour une réforme de la Constitution afin d’instituer un mandat présidentiel unique. Mais désormais, « cela ne fait plus l’ombre d’un doute », le chef de l’Etat souhaite se représenter en 2021, assène M. Foly. « Il s’est rendu compte que cinq ans, ça ne suffit pas. »
Le 03/08/2019 Par Le360 Afrique - Afp

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