Fermer

Togo. Présidentielle: un pays gouverné par la famille Eyadema depuis plus d'un demi-siècle

Mise à jour le 20/02/2020 à 17h39 Publié le 20/02/2020 à 17h39 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
Gnassingbé
© Copyright : DR

#Autres pays : Le président sortant Faure Gnassingbé est candidat pour un quatrième mandat présidentiel à la tête du Togo, un pays gouverné depuis 1963 par la famille Eyadéma.

Gnassingbé Eyadéma au pouvoir

Le 27 avril 1960 le Togo devient indépendant. Son premier président, Sylvanus Olympio, est tué début 1963 dans un coup d’Etat mené par Gnassingbé Eyadéma. Nicolas Grunitzky est élu président en mai.

Le 13 janvier 1967, Gnassingbé Eyadéma, chef d‘état-major, accède au pouvoir après avoir renversé Grunitzky. Le 15 avril, il devient président, chef du gouvernement et ministre de la Défense.

Très critiqué sur la scène internationale sur la bonne gouvernance et les droits humains, il accuse en retour les ONG étrangères de mener des “campagnes de dénigrement”.

Le 24 septembre 1986 se produit à Lomé une attaque armée d’un commando venu du Ghana selon les autorités togolaises, lesquelles mettent en cause le Ghana et le Burkina Faso. A la demande du président Eyadéma, des soldats français débarquent à Lomé.

Le 5 octobre 1990 débutent des violences politiques après la dispersion par l’armée d’une manifestation de soutien à des opposants. Les troubles font plusieurs centaines de morts.


LIRE AUSSI: Togo. Présidentielle: Faure Gnassingbé investi candidat par son parti


En 1991, une conférence nationale accuse le régime de tortures et d’assassinats. Elle opte pour un régime semi-présidentiel et institue un Haut conseil de la République. Mais après une période de transition, Eyadéma, soutenu par l’armée, reprend toutes ses prérogatives de chef d‘État.

Trois présidentielles contestées

En 1993, Gnassingbé Eyadéma est réélu lors d’une consultation boycottée par l’opposition. En 1998, il est de nouveau réélu lors d’un scrutin contesté.

Il est encore réélu en 2003 après une modification de la Constitution mettant fin à la limitation des mandats présidentiels.

Faure succède à son père

Au lendemain du décès de Gnassingbé Eyadéma le 5 février 2005, son fils, Faure Gnassingbé, est désigné par l’armée pour lui succéder, avant de démissionner sous pression internationale. Il est élu en avril lors d’un scrutin contesté par l’opposition et émaillé de violences qui font “entre 400 et 500 morts” selon l’ONU. Il sera réélu en 2010 et 2015 lors de scrutins contestés.

En 2009, le gouvernement installe une Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), chargée de “faire la lumière sur les violences politiques entre 1958 et 2005”.


LIRE AUSSI: Togo. Législative: le parti au pouvoir obtient 59 sièges sur 91


Mi-2014, l’Assemblée nationale, contrôlée par le parti au pouvoir, rejette un projet de loi prévoyant de limiter les mandats présidentiels.

En novembre et décembre 2014, l’opposition et la société civile manifestent à plusieurs reprises à Lomé, mobilisant des milliers de personnes pour exiger des réformes politiques limitant les mandats présidentiels.

Manifestations réprimées

En 2017 et 2018, le Togo connaît des manifestations massives réprimées, qui se soldent par une quinzaine de morts. Les protestataires réclament la limitation des mandats présidentiels et le départ du président.

En mai 2019, une révision constitutionnelle limite à deux les mandats présidentiels, mais permet à Faure Gnassingbé de se représenter en 2020 et 2025. Elle accorde également une immunité à vie aux anciens présidents.


LIRE AUSSI: Togo: le chef de file de l'opposition en tournée dans le nord du pays


Selon la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), cinq personnes ont été tuées dont trois par balles pendant de nouvelles manifestations de l’opposition entre août 2018 au avril 2019.

La LTDH dénonce également l’arrestation et l’incarcération de dizaines d’opposants et manifestants.

En juin, le pays organise ses premières élections municipales depuis 32 ans, remportées par le parti au pouvoir.

En août, une loi restreint sévèrement la liberté de manifestation, officiellement pour des raisons de “sécurité” dans un contexte de “menace terroriste”.
Le 20/02/2020 Par Le360 Afrique - Afp