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Mozambique: la police mène une «chasse aux étrangers» qui font le commerce de pierres précieuses

Mise à jour le 18/02/2017 à 09h37 Publié le 18/02/2017 à 09h31 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Camion remplis d'expatriés africains

L'auteur de cette photo publiée sur la page Facebook d'une communauté guinéenne au Mozambique, explique que des Ouest-africains sont en train d'être transportés en camion vers la prison centrale de Pemba après une rafle de la police mozambicaine à Montepuez.

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#Autres pays : Dans la région de Cabo Vergado, au nord-est du Mozambique, la préoccupation des étrangers n'est pas le cyclone qui a fait 7 morts et 650 0000 sinistrés. Guinéens, Nigérians, Maliens, Sénégalais, Burundais... Cherchent à s'échapper à la police mozambicaine.


La Tanzanie, elle, a fait rapatrier 132 de ses ressortissants expulsés dans cette région minière du Mozambique. Un dernier groupe de 50 personnes est arrivé au pays le 15 février. Sans secours, les ressortissants Ouest-africains sont laissés à leur triste sort. 

Dans un  article publié vendredi 17 février le site Guineenews rapporte le témoignage de plusieurs Guinéens sur le calvaire des étrangers à Montepuez. Cette préfecture de la province de Cabo Delgado, située à plus de 1600 kilomètres de la capitale Maputo, cherche à se débarrasser de ses étrangers qui font l'exploitation artisanale de son rubis depuis plusieurs années. Mais "la chasse aux étrangers" s'est étendue à d'autres villes de la région.


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«La réalité c'est que les Guinéens, Tanzaniens, Maliens, Burundais, Nigérians... exploitent frauduleusement le rubis de Montepuez qui a la meilleure qualité sur le marché mondial», reconnaît, Alpha Mamadou Doukouré, un Guinéen qui dit avoir passé trois ans dans la mine de rubis de Montepuez.

« Généralement, quand les Tanzaniens et les aborigènes extraient la pierre précieuse (le rubis), ils les vendent aux Guinéens, qui à leur tour revendent aux Thaïlandais... L'Etat mozambicain a décidé d'arrêter cette pratique, et c'est pourquoi il veut nous faire quitter ici de force»,  poursuit  Mamadou Doukouré..

Les Guinéens dénoncent une chasse aux étrangers qui a fait emprisonner et torturer des milliers d'Africains dans la prison centrale de Pemba, chef-lieu de la région de Cabo Delgado.  Mercredi, en Tanzanie, des expulsés ont confié à la presse locale avoir été victimes de violence physique, de vol et de destruction de biens. Des Tanzaniennes ont dit avoir été violées par la police tanzanienne.

Mobilisation diplomatique tardive


La Tanzanie a dépêché une mission au Mozambique pour enquêter sur les expulsions et vérifier les accusationsformulées par expulsés contre les forces de l'ordre. La vice-ministre des Affaires étrangères, Suzan Kolimba a indiqué que la Tanzanie a aussi "demandé à son ambassadeur de se rendre dans la région où l'expulsion a été effectuée en vue d'évaluer la situation."

Informées, les autorités guinéennes entendent encore le rapport de leurs représentants diplomatiques en Afrique du Sud. La Guinée n'a pas d'ambassade au Mozambique, alors que le consul est basé à Maputo, à plus de 1600 de la région de Cabo Delgado. Ce dernier aurait prévu de se rendre à Montepuez d'ici dimanche.

Le Mozambique, considéré comme un eldorado à cause de ses matières premières, s'est récemment lancé dans une opération d'attribution de licences pour l'exploitation de ses immenses ressources minières. En conséquence, le pays a décidé de limiter l'exploitation minérale de certaines mines.
Le 18/02/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou