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Burkina Faso: la grogne touche les étudiants

Mise à jour le 31/03/2017 à 19h11 Publié le 31/03/2017 à 13h31 Par notre correspondant à Ouagadougou Ibrahima Zallé

#Société
Dénonciations tout azimut au Burkina: la gangrène atteint la couche estudiantine

Les mécontentements se multiplient au Burkina Faso et touchent cette fois, la couche estudiantine.

© Copyright : Ibrahima ZALLE/ Le360 Afrique

#Autres pays : Le Bloc national des étudiants contre l’injustice et l’impunité a tenu une conférence de presse le jeudi 30 mars 2017 à Ouagadougou. Il s’agissait de faire le bilan de la situation socio-économique nationale et de tirer la sonnette d’alarme. L'ère Kaboré n'a pas encore tenu ses promesses.

Les revendications se multiplient au Burkina Faso. Elles touchent cette fois-ci l'université en particulier et la formation supérieure en général. En effet, les étudiants étaient face aux journalistes ce jeudi 30 mars 2017, lors d’une conférence de presse animée par le Bloc national des étudiants contre l’injustice et l’impunité. Tenu à Ouagadougou, ce face à face avec les journalistes a eu pour but de dénoncer la situation difficile que vivent beaucoup de Burkinabè. 

Pour le porte-parole du Bloc, Fulbert Bama, la configuration actuelle du pouvoir en place laisse percevoir que ce dernier a du mal à remplir ses fonctions, il manque d’autorité et d’anticipation face à de nombreux défis avec pour conséquence le bicéphalisme au sommet de l’Etat.


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A cet effet, Fulbert Bama estime qu’aujourd’hui au Burkina Faso, le pouvoir parlementaire est en train de jouer le jeu de l’Exécutif. On relève un «tâtonnement et une gouvernance mal en point». Du coup, le peuple se sent trahi après tant de sacrifices pour l’avènement d’une démocratie véritable. L'existence d'une oligarchie, les pratiques de malversations et de détournement de fonds sont, selon les étudiants, les causes de cette situation. Fulbert Bama cite pour exemple l’affaire des 7 milliards de francs CFA  (12 millions d'euros) de la société de cimenterie du Burkina Faso (CIMFASO). Dans le Courrier confidentiel n°124 du 25/01/2017 il est indiqué que le PDG du groupe CIMFASO a fait des surfacturations à hauteur de 7 milliards de francs FCA en violant les règles élémentaires de la convention avec l'Etat Burkinabè. 
 
S’agissant du nouveau référentiel de politique générale qu'est le Programme national de développement économique et social (PNDES), le Bloc national des étudiants contre l’injustice et l’impunité estime qu'il y a des failles dans la communication et que depuis son annonce, il demeure un «plan sur papier» suscitant du même coup des interrogations.


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Par ailleurs, le Bloc pense que depuis  les attaques du 15 janvier 2016, le Burkina Faso est devenu la cible des terroristes. Mais il reconnaît que la neutralisation du groupe Harouna Dicko qui a orchestré plusieurs attaques dans la zone de Djibo, a porté un sérieux coup à leur action.
 
«C’est un signal fort des forces de sécurité (FDS) à l’endroit des terroristes. Un signal qui assure au citoyen lambda que le travail sur le terrain donne de vrais résultats», fait-il savoir. Mais ce n’est pas le moment de verser dans l'autosatisfaction ou de tenir des discours populistes, il faut plutôt être en alerte afin de se prémunir contre d’éventuelles attaques de ces fous de Dieu.     
 
Comme solution palliative au terrorisme, le Bloc propose au gouvernement la création d’un pôle de croissance économique afin de lutter contre le chômage. C'est ce qui dissuade les jeunes de rejoindre les rangs des djihadistes. L'Etat doit aussi mettre en place une véritable campagne de sensibilisation en renforçant du même coup le dispositif de sécurité et de renseignement. 

Le 31/03/2017 Par notre correspondant à Ouagadougou Ibrahima Zallé