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Cameroun. Terrorisme: Interpol et les polices africaines font bloc

Mise à jour le 10/10/2017 à 18h51 Publié le 10/10/2017 à 18h24 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

#Société
boko haram
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#Autres pays : A l’initiative d’Interpol, Yaoundé, la capitale camerounaise accueille dès ce mardi 10 octobre 2017, une réunion de haut niveau sur le terrorisme en Afrique centrale et de l’Ouest. La stratégie de lutte antiterroriste mondiale d'Interpol a été exposée aux participants.

L’Organisation internationale de la police criminelle (OIPC-Interpol) tient dès ce mardi 10 octobre 2017 au Palais des Congrès de Yaoundé, une réunion de haut niveau sur le terrorisme en Afrique centrale et de l’Ouest. Des assises que le Cameroun accueille avec beaucoup de plaisir, lui qui subit le terrorisme de la secte islamiste de Boko Haram depuis plusieurs années déjà.

De manière générale, la rencontre d’Interpol vise à renforcer l’échange d’informations entre les polices des Etats d’Afrique centrale et de l’Ouest, en vue de combattre plus efficacement les hommes et les femmes sans foi ni loi qui sèment mort et désolation dans les pays du bassin du Lac Tchad et dans le sahel de l’Afrique de l’Ouest.

Le 22 septembre dernier, du haut de la tribune des Nations-Unies à New York, le président de la République du Cameroun, Paul Biya a justement relevé, pour le déplorer, que «le nombre de victimes de Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad est estimé à 2000». Elles se comptent parmi les populations de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, du Nord du Nigeria et de l’Ouest du Tchad.


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Les attaques à répétition de Boko Haram se soldent généralement par des pertes en vies humaines, la destruction des biens et surtout, une crise humanitaire caractérisée par de nombreux déplacés et réfugiés de guerre. A lui tout seul, le Cameroun accueille actuellement 350.000 réfugiés dont la prise en charge coûte énormément au budget de l’Etat. Et de surcroit, dans un contexte de crise économique. Récemment à New York, Paul Biya a appelé à une mobilisation générale accrue de la communauté internationale.

En Afrique de l’Ouest, la situation semble encore plus complexe. Le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Nigeria sont les principales victimes des terroristes, dans une région où évolue un ensemble diffus de mouvements djihadistes. Les uns se revendiquent d’Al-Qaida, les autres de l’Organisation Etat islamique.

Selon Michel Koua, chef de Bureau régional Interpol pour l’Afrique centrale, «le conclave de Yaoundé se tient dans un contexte où les attentats terroristes commis à travers le monde ont atteint des proportions inquiétantes de par leur niveau de violence et leur impact sociétal. Ainsi, «les menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité touchent désormais toutes les régions. C’est la raison pour laquelle cette réunion de haut niveau sur le terrorisme est organisée par Interpol, avec les chefs de police de l’Afrique centrale et de l’Ouest».


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Le thème des travaux est tout simple: «Lutter contre le terrorisme en Afrique centrale et de l’Ouest». «Nous voulons informer les chefs de police de l’Afrique centrale et de l’Ouest sur l’orientation de la stratégie antiterroriste mondiale d’Interpol et sur les capacités policières mises à la disposition des pays membres. C’est-à-dire identifier les défis liés au terrorisme et les besoins des polices de l’Afrique centrale et de l’Ouest; offrir un cadre de dialogue pour rapprocher les chefs de police d’Afrique centrale et de l’Ouest et faciliter ainsi l’échange d’informations, le partage des données et la coordination entre les services chargés de l’application de la loi», explique Mechel Koua.

Pour ce responsable d’Interpol, une telle réunion pourra beaucoup apporter aux pays. Les participants ont largement été édifiés sur les cinq piliers de la stratégie de lutte antiterroriste mondiale d’Interpol, à savoir: Identification, Déplacements et mobilité, Présence sur Internet, Armes et matériaux et Financement. De même, ils sont informés sur les capacités policières mises à la disposition des pays membres.
Le 10/10/2017 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne