Nigeria: le dernier bilan de l'effondrement d'un immeuble à Lagos monte à 20 morts

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Le 15/03/2019 à 17h10, mis à jour le 15/03/2019 à 17h14

Le bilan de l'effondrement à Lagos d'un immeuble abritant une école maternelle et primaire avec des dizaines de personnes piégées à l'intérieur, est monté vendredi à vingt morts, alors que les opérations de secours ont pris fin.

"Vingt personnes ont été tuées et 45 ont été soignées dans les différents hôpitaux" de la ville, a annoncé vendredi à l'AFP le ministre de la Santé de l'Etat de Lagos, Jide Idris, sans préciser combien d'enfants se trouvaient parmi les victimes. Une quinzaine de blessés étaient toujours pris en charge "dans un état stable".

Un précédent bilan officiel faisait état de neuf morts. Les opérations de secours sont achevées et aucune victime ne se trouve encore sous les décombres, selon les autorités.

Le vieil immeuble abritant une école maternelle et primaire, ainsi que des appartements et des commerces, s'était écroulé subitement mercredi matin à Lagos Island, un quartier densément peuplé de la capitale économique nigériane.

Bien que les effondrements meurtriers de bâtiments se produisent fréquemment au Nigeria, où les règles de construction sont régulièrement bafouées, le drame a suscité une immense indignation, le bâtiment en question ayant été identifié comme devant être démoli depuis 2017.

Le gouverneur de Lagos, Akinwunmi Ambode, avait affirmé mercredi que l'école était "illégale" et que les propriétaires avaient refusé de respecter l'injonction des autorités de démolir plusieurs bâtiments dans ce quartier historique.

"La plupart des bâtiments du centre-ville de Lagos sont vieux et ne répondent pas aux normes minimum", a confirmé à l'AFP l'un des principaux constructeurs immobiliers à Lagos, Alani Fasiu Amusa.

"Ils ont été construits il y a de nombreuses années avec des matériaux de mauvaise qualité et en l'absence d'ingénieurs en bâtiment qualifiés", a-t-il ajouté.

Malgré cette situation, de très nombreux immeubles abandonnés ou désaffectés de cette partie de la ville sont encore squattés de manière plus ou moins informelle par des familles ou des commerçants.

Destruction d'immeubles

Les autorités de Lagos ont acheminé vendredi des bulldozers dans ce secteur et commencé à démolir d'autres immeubles du voisinage, afin d'éviter un autre scénario tragique.

Selon Omotayo Fakolujo, responsable de l'Agence de construction et de contrôle de l'Etat de Lagos, une centaines de bâtiments sont concernés.

Les habitants de trois immeubles avaient déjà été délogés en fin de matinée, et ont exprimé leur colère, affirmant ne pas avoir été prévenus, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

"Ils sont arrivés vers midi (11h00 GMT) sans avoir averti personne", a déclaré Toheeb Olasupo, un informaticien de 25 ans. "Ils étaient venus hier pour marquer les bâtiments, ça ne nous a pas laissé le temps" de s'organiser pour trouver une alternative.

Une commerçante a expliqué qu'elle venait juste de payer son loyer annuel de 72.000 nairas (175 euros), lorsqu'elle a appris que l'immeuble allait être détruit.

Des immeubles ont commencés à être partiellement détruits, alors même que leurs occupants se trouvaient toujours dedans, selon plusieurs témoignages.

Oluwasina Aina, qui habite au deuxième étage d'un des bâtiments touchés avec son épouse et leurs deux enfants âgés de 6 et 12 ans, a raconté qu'il dormait encore lorsqu'il a entendu des coups violents au petit matin.

En regardant par la fenêtre, il a alors vu des ouvriers briser les murs de certains logements avec des marteaux et percer les barreaux des fenêtres à l'aide de scies électriques.

"Je vis ici, avec ma famille", a-t-il dit, les larmes aux yeux. "J'avais commencé à louer cet endroit en janvier, il y a à peine trois mois. Je ne savais pas que tout allait de travers dans ce bâtiment".

"Nos affaires sont toujours à l'intérieur (...) Nous ne pouvons pas rester là ce soir, nous devons trouver un autre endroit. S'ils font ça, ils devraient nous aider", s'est-il lamenté.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 15/03/2019 à 17h10, mis à jour le 15/03/2019 à 17h14