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Cameroun: les écoles internationales séduisent de plus en plus de parents d'élèves

Mise à jour le 23/09/2019 à 12h52 Publié le 23/09/2019 à 12h50 Par De notre correspondante au Cameroun Patricia Ngo Ngouem

#Société
Ecoles internationales
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#Autres pays : Autrefois destinées aux enfants d’expatriés, ces établissements scolaires séduisent de plus en plus de parents camerounais qui n’hésitent pas à payer des fortunes pour y envoyer leur enfants, dans le but de favoriser plus tard leur accès dans les grandes universités étrangères.

Quartier Bastos à Yaoundé, l’un des plus chics de la capitale. C’est ici que se dresse fièrement le complexe scolaire international «La Gaieté», premier à avoir lancé en 2014 le programme de baccalauréat international à travers son école Enko Education. Un curriculum de trois ans qui s’appuie sur le prestigieux «Programme du diplôme» de l’Organisation du baccalauréat international (OBI) basé à Genève, en Suisse.

«Enko Education est un réseau panafricain d’écoles internationales qui prépare les élèves au baccalauréat international. Le cursus, qui couvre les classes de seconde, première et terminale, est un tremplin vers les meilleures universités étrangères», affirme Veronica Agogho, coordinatrice de ce programme à Enko La Gaieté, qui propose aussi un baccalauréat international certifié par l’Université de Cambridge en Angleterre.


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A son ouverture, cette école internationale ne comptait que quatre élèves. Pour cette rentrée scolaire 2019-2020, les effectifs affichent 75 élèves, avec une moyenne de 18 élèves par classe, «pour un meilleur suivi des apprenants». Si l’école accueille des élèves de différentes nationalités, les Camerounais constituent 80% des effectifs, apprend-on.

Autrefois destinées aux enfants d’expatriés, les écoles internationales séduisent de plus en plus de parents camerounais, qui n’hésitent pas à payer des fortunes pour y inscrire leurs enfants.

Que ce soit à Enko La Gaieté (ici, les frais de scolarité s’élèvent à 2.350.000 francs CFA par an pour les élèves inscrits au programme de baccalauréat international), à l’Academic School of Excellence, à l’Ecole américaine de Yaoundé ou au lycée français Fustel-de-Coulanges, cet attrait se justifie par la qualité de l’apprentissage mais aussi pour l’accès des étudiants camerounais aux universités du monde, ceux-ci étant parmi les plus mobiles en Afrique subsaharienne.

Visa

«Les étudiants africains sont de plus en plus désireux d’étudier dans les meilleures universités du monde: Harvard, MIT, Oxford, Sciences Po, l’Université du Cap, etc. Cependant, s’inscrire dans ces universités est un défi ardu. Les processus d’admission sont difficiles à décoder.


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Les diplômes nationaux des pays d’Afrique subsaharienne ne sont pas toujours compris ou reconnus par ces universités, et les étudiants ne reçoivent pas toujours la préparation adéquate pour s’inscrire dans ces universités. Nous offrons aux étudiants en Afrique une préparation exceptionnelle pour accéder aux meilleures universités», indique-t-on à Enko Education, également présent notamment au Mozambique, en Côte d’Ivoire et en Afrique du Sud.

«Après les études au Cameroun, c’est tout un parcours du combattant pour les enfants qui en ont la possibilité d’obtenir le visa pour aller poursuivre leurs études à l’extérieur. Pour mes deux dernier enfants, nous avons opté pour l’école internationale parce qu’elle donne droit aux grandes universités dans les pays occidentaux», confie Brigitte Tchoumi, maman de cinq enfants, dont le benjamin suit le programme de baccalauréat international.

Son fils a d’ailleurs fait toutes ses classes dans des écoles internationales, ayant notamment été scolarisé à Maarif Schools of Cameroon (anciennement Amity International College), une école internationale turque sise à Bastos.


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«Nous avons pris les dispositions nécessaires depuis qu’il est petit pour lui épargner les mésaventures de ces aînés, qui ont suivi le système camerounais et ont traîné sur le territoire à cause de problèmes de visa», affirme Brigitte Tchoumi, qui réside entre le Cameroun et le Canada. Une décision qui a un coût, mais qu’elle est loin de regretter, affirme-t-elle.
Le 23/09/2019 Par De notre correspondante au Cameroun Patricia Ngo Ngouem