Coronavirus. La République démocratique du Congo prête à accueillir les tests pour le vaccin contre le Covid-19

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Le 05/04/2020 à 09h16, mis à jour le 06/04/2020 à 13h19

Kinshasa se porte candidat à de premiers essais cliniques pour le futur vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-2. Les autorités sanitaires annoncent que ce pays a été choisi pour ces tests, alors qu'un scandale a éclaté en France après des propos racistes tenus sur LCI par un médecin et un chercheur.

La République démocratique du Congo s'est portée candidate à de premiers essais cliniques pour un vaccin contre le coronavirus SARS-Cov-2, cause actuelle d'une pandémie de cas de Covid-19, dont le foyer de départ, en décembre 2019, se trouve dans la province du Hubei, en Chine. 

Cette annonce du gouvernement congolais intervient dans un contexte d’indignation générale sur le continent, après des propos racistes et stigmatisants tenus sur la chaîne d'informations en continu LCI, par des scientifiques français, un chercheur à l'Inserm et le chef du service de la réanimation de l'hôpital Cochin de Paris, qui n'avaient pas hésité à désigner les habitants du continent en tant que cobayes dans le cadre d’essais qui porteraient sur un vaccin contre ce coronavirus.

Au cours de ce week-end, Jean-Jacques Muyembe, professeur en virologie et responsable congolais de la lutte contre la pandémie dans le pays, a indiqué, au cours d'une rencontre avec les médias à Kinshasa que «nous {la RDC, Ndlr} avons été choisis pour faire ces essais. Peut-être que ce sera vers le mois de juillet-août, nous pourrons commencer déjà avec les essais cliniques de ce vaccin». Ce médecin s'est exprimé au cours de cette rencontre, en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis en République démocratique du Congo, Michael A. Hammer.

«Ce vaccin sera produit soit aux Etats-Unis, soit au Canada, soit en Chine. Nous sommes candidats pour faire des essais chez nous», a indiqué Jean-Jacques Muyembe.

Expliquant le contexte qui prévaut en République démocratique du Congo, le professeur Jean-Jacques Muyembe a cité d'autres vaccins dont les essais cliniques avaient été menés dans le pays, qui avaient par la suite été utilisés contre l’épidémie d'Ebola.

Cette déclaration d’un responsable officiel congolais a été vivement condamnée par de nombreux habitants du pays, qui refusent «de servir de cobayes» à des pays occidentaux dont le nombre de morts liés au Covid-19 dans leur population respective est bien supérieur à ceux enregistrés en Afrique.

Mercredi 1er avril dernier, lors d’un débat sur LCI, Jean-Paul Mira, chef du service de la réanimation à l’hôpital Cochin de Paris et Camille Loch, directeur de recherche à l’Inserm, ont tous deux évoqué la perspective d’essais cliniques d’un futur vaccin contre le SARS-CoV-2 sur des habitants d'Afrique. 

Cette "option" a été justifiée par ces deux scientifiques par le retard pris par le continent sur un plan médical, et par le fait que les habitants du cotinent sont une population toute désignée pour servir de cobayes.

A la fin de ces propos, ces deux spécialistes ont cru bon d'ajouter que ces mêmes essais pouvaient aussi être réalisés ailleurs, mais n'auront pas réussi à enrayer le scandale et le tollé nés après leurs premières assertions. 

Par Cheikh Sidya (Nouakchott, correspondance)
Le 05/04/2020 à 09h16, mis à jour le 06/04/2020 à 13h19