Fermer

Togo: deux militaires camerounais interpellés pour tentative de vol à main armée

Mise à jour le 01/06/2020 à 17h16 Publié le 01/06/2020 à 17h14 Par De notre correspondante au Cameroun Patricia Ngo Ngouem

#Société
cameroun-militaires interpellés au Togo

Le ministère camerounais de la Défense estime que les deux militaires interpellés au Togo sont des déserteurs.

© Copyright : DR

#Autres pays : Dans un communiqué publié le 30 mai, le ministère camerounais de la Défense dénie toute responsabilité dans leurs actes et affirme qu’il s’agit de déserteurs.


Cinq individus de nationalité camerounaise, dont deux militaires, ont été interpellés le 20 mai dernier à Lomé, a annoncé la police togolaise, jeudi 28 mai. Il s’agit de Clément Didier Ntanga Mogo, alias «Tony», 32 ans, et présenté comme le cerveau de la bande; Aboubakar Amadjoba (31 ans); Kevin Kameni (23 ans); Oumarou Abdou Fadil (32 ans) et Serges Hubert Ewoundjo Elle (31 ans). Les deux derniers cités sont présentés comme des sergents de l’armée camerounaise.

Ils auraient tenté, en se servant d’armes à feu, de voler le véhicule de grosse cylindrée dans lequel se trouvait un homme d’affaires togolais. Ils auraient voulu satisfaire ainsi une commande passée depuis Yaoundé, a déclaré le commandant de la brigade de recherche et d’investigation de la direction centrale de la Police judiciaire du Togo (DCPJ), Yendoubé Douti, dans un reportage diffusé sur une chaîne de télévision locale. La vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux.


>>>LIRE AUSSI: Minusca: un 6e contingent de plus d'un millier de militaires camerounais en Centrafrique

Yendoubé Douti explique qu’après trois semaines d’investigations, la DCPJ a réussi à localiser et à arrêter les suspects. Lors de la perquisition à leurs domiciles, les enquêteurs ont retrouvé et saisi deux pistolets automatiques, dont un de marque Tokarev avec son chargeur rempli de 6 cartouches de calibre 9 mm. Cette arme leur aurait été «louée» par le nommé Francis Essimbi, soldat servant comme magasinier d’armes à la Brigade du Quartier général (BQG) de Yaoundé, la capitale du Cameroun.

Dans un communiqué publié le 30 mai, le ministère camerounais de la Défense «décline sa responsabilité pour les forfaits de ces hommes en rupture des liens organiques avec lui et complètement détachables du service». L’armée camerounaise indique que les militaires impliqués dans ce braquage ont été «clairement identifiés» mais que ceux-ci sont des déserteurs.

D’après le communiqué signé du chef de la division de la communication, le capitaine de frégate Cyrille Serge Atonfack Guemo, le sergent Oumarou Abdou Fadil, précédemment en service à la Brigade du Quartier général, a été déclaré déserteur depuis le 23 mars 2020.

La procédure de désertion enclenchée en son temps à l’encontre du second-maître Serges Hubert Ewoundjo Elle, précédemment en service à la Marine nationale, «suit son cours», y apprend-on. Concernant le soldat de première classe Francis Essimbi qui a fourni le Tokarev, le document renseigne qu’il est en détention provisoire depuis le 11 mars 2020 «pour violation de consignes et dissipation d’effets militaires». Selon le même communiqué, «les enquêtes sécuritaire et judiciaire, du reste déjà ouvertes et conduites par la division de la Sécurité militaire et la Légion de gendarmerie du Centre, permettront de préciser les contours de ces graves agissements».
 
Le 01/06/2020 Par De notre correspondante au Cameroun Patricia Ngo Ngouem