Douane: l'échange de données informatisées au menu de la conférence de Dakar

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Le 22/04/2017 à 08h08, mis à jour le 22/04/2017 à 09h04

Dakar abritera du 24 au 28 avril courant, la 22ème Conférence des directeurs généraux des douanes de l’Afrique de l’Ouest et du Centre et la 18ème réunion du Comité des experts. Au menu, figure surtout la coopération entre les différents de la sous-régions pour un échange de données informatisées.

Après Abuja en 2016, Dakar abritera la Conférence des directeurs généraux des douanes de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Réagissant à cet événement qui sera organisée pour la 2ème fois au Sénégal sous l’égide de l’Organisation mondiale de la Douane (OMD), Papa Ousmane Guèye s’est réjouit de la «marque de confiance» faite par ses pairs en portant leur choix sur le Sénégal. « Notre pays organise pour la deuxième fois après 2014, la Conférence des directeurs généraux de douanes de la région de l’Afrique de l’Ouest et du centre de l’OMD. C’est une marque de reconnaissance à l’endroit de la douane sénégalaise», a-t-il affirmé.

Il a précisé que «l’analyse des données numériques sera au menu des échanges entre les administrations des différents pays». Car, précise-t-il, «elles disposent d’un volume de données issues de différentes sources dont les procédures de dédouanement».

La facilitation des échanges et la sécurisation des données passe par un processus d’intégration des administrations douanières des pays membres de l’UEMOA à travers l’interconnexion de leurs systèmes informatiques a souligné, jeudi, Pape Ousmane Guèye, directeur général de la douane .

"Ce qui nous intéresse (…), c’est la facilitation des échanges de données sûres sur le commerce transfrontalier, sur le transit, pour une meilleure traçabilité afin de connaître, à la fin de chaque exercice, le volume d’échange" a-t-il dit.

Le patron de la douane a assuré que les experts se réunissent régulièrement et "sont en train de travailler pour que les pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina soient intégrés dans le cadre d’une plateforme". Il a cependant rappelé que "chaque pays prend en charge son propre système", précisant qu’"il n’y a pas encore de ligne de crédit dédiée de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest pour financer une intégration ou la création d’un système global".

"Il faut pour la mise en oeuvre de ce projet que chaque pays membre soit au préalable informatisé, ce qui n’est pas encore le cas pour certains pays" a fait remarquer Pape Ousmane Guèye. Aujourd’hui, a-t-il soutenu, "en terme d’informatisation des systèmes douaniers, le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont au niveau le plus élevé".

"Il y a des pays qui viennent de commencer leur informatisation, il faut d’abord les aider à s’équiper, à former des cadres et à aller vers l’intégration du système" a-t-il relevé.

Locomotive des recettes budgétaires

La conférence des DG des douanes de l’Afrique de l’Ouest et du centre se tiendra à Dakar au moment où on constate une hausse des recettes douanières dans une bonne partie des pays de la sous région.

Dans un pays comme le Sénégal, entre 2012 et 2016, les recettes douanières sont passées de 500 milliards à 700 milliards de francs Cfa (plus de 1,052 milliard d’euros). Et selon Amadou Ba, ministre sénégalais de l’Economie, des finances et du plan, ces recettes peuvent encore s’améliorer pour atteindre la barre des 1000 milliards de francs Cfa (1,5 milliards d’euros).

Aujourd’hui, la douane sénégalaise avec ses 700 milliards de francs Cfa fournit 40% des recettes budgétaires au Sénégal qui selon le ministère de l’Economie des finances et du plan ont atteint 1834 milliards de francs Cfa. Et cette performance est constatée en Côte D’Ivoire, un autre pays de la sous région ouest africaine.

En fin 2015, les douanes ivoiriennes ont collecté 1526 milliards de francs Cfa (2,3 milliards d’euros). Ces chiffres révèlent les prouesses des soldats de l’économie ivoirienne d’autant plus que les ressources douanières de ce pays ont connu une amélioration de 83,4 % en 5 ans seulement. En 2011 elles étaient estimées en 832 milliards de francs Cfa. Et cette performance a valu à Issa Coulibaly, directeur ivoirien de l’administration douanière d’être élevé au grade de général, une chose inédite au pays du Président Alassane Ouattara.

Ce bref aperçu des recettes douanières du Sénégal et de la Côte d’Ivoire permet de mieux se projeter sur les pertes que pourrait causer l’adoption des Accords de partenariat économique (APE) qui vont éliminer les barrières douanières entre l’Union Européenne et l’Afrique. Ainsi, priver les pays de l’Afrique de l’Ouest de ces recettes douanières équivaudrait à tuer leurs économies déjà trop faibles comparée à celle des puissances occidentales comme l’Allemagne et l’Angleterre.

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)
Le 22/04/2017 à 08h08, mis à jour le 22/04/2017 à 09h04