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Côte d’Ivoire: le cacao met le budget 2017 sous forte tension

Mise à jour le 28/03/2017 à 15h42 Publié le 28/03/2017 à 11h12 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Economie
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#Côte d’ivoire : La chute des cours du cacao n’arrange pas les finances ivoiriennes, déjà mises à rude épreuve par les revendications des ex-rebelles et des fonctionnaires. Le pays pourrait vouloir recourir au soutien du FMI qui n'est pas sans conditions.

La Côte d’Ivoire pouvait espérer mieux pour ce début d’année. La grogne des ex-rebelles et la grève des fonctionnaires vont entraîner des dépassements budgétaires notables en 2017. Et la situation des finances publiques va se corser davantage à cause de la chute des cours du cacao. 

La question inquiète à Abidjan. Fin janvier, près de 64 millions d’euros avaient été décaissés hors budget, pour apaiser la grogne des militaires sur une enveloppe totale d’environ 153 millions d’euros à verser au cours de l'année.

Il y a quelques années, le pays aurait pu compter sur l’envolée des cours du cacao pour faire face à une telle situation. Mais, il n’en sera pas ainsi cette année.

Entre octobre et février derniers, les cours de «l’or brun» ont chuté de 27% sur le marché international selon le gouvernement. Une donne qui aura inévitablement des répercussions sur le budget alimenté à plus de 20% par les taxes tirées de l’exportation de fèves de cacao.


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Une coupe sèche que le pays devra trouver à combler. La première voie explorée pour ce faire est celle du FMI qui conduit une mission dans le pays, a confié à l’agence Bloomberg, le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné.

L’institution, qui a déjà approuvé en fin d’année un prêt de 660 millions de dollars dans le cadre de la Facilité élargie de paiement (FEC), devrait donc être sollicitée une fois de plus. Toutefois, elle ne se privera pas de relever les dérapages budgétaires à cause des dépenses non productives qui pourraient ralentir la croissance ivoirienne. Selon les estimations, le déficit budgétaire pourrait atteindre cette année 5% du PIB contre une prévision de 3,6%.

En outre, face à la conjoncture moins favorable, le FMI, qui projetait une croissance d’un peu plus de 8% en 2017, pourrait bien réviser ses calculs, à moins de consentir de nouveaux efforts financiers pour soutenir l'économie ivoirienne.


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Au-delà, la question se pose en effet au sujet de la solidité des fondamentaux de la croissance dans le pays. Celle-ci a en effet profité ces dernières années des cours du cacao en hausse qui avaient contribué au doublement du budget national entre 2012 et 2017 en passant de 4,82 milliards à 9,9 milliards d’euros. Cela avait permis au pays de multiplier les investissements dans les infrastructures et on s’était alors mis à rêver d’une croissance à deux chiffres. Seulement, avec tous ces facteurs défavorables, le gouvernement devrait revoir ses ambitions à la baisse.

 
Le 28/03/2017 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet