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Vidéo. Côte d'Ivoire: "Sam l'Africain" en prison pour incitation présumée à la haine

Mise à jour le 22/03/2017 à 08h26 Publié le 21/03/2017 à 19h26 Par Ismail Traoré

#Politique
Vidéo. Côte d'Ivoire: "Sam l'Africain" en prison pour incitation présumée à la haine

Sam l'Africain alias Mohamed Sam Jichi est un fervent soutien de l'ancien président Gbagbo. Ses propos supposés concernant la femme d'Alassane Ouattara qui ne serait pas ivoirienne lui valent un procès et une détention préventive.

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#Côte d’ivoire : Mohamed Sam Jichi a de gros ennuis depuis la fin de la semaine dernière. En effet, une vidéo postée sur les réseaux sociaux le montrant tenant un discours dans lequel il compare son "ivoirité" et celle de sa femme au couple présidentiel l'a mené à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan.

Kiosque le36afrique. En Côte d'Ivoire, nul besoin de le présenter. Il suffit de dire "Sam l'Africain" pour qu'on sache qu'il s'agit de Mohamed Sam Jichi, cet Ivoirien d'origine libanaise qui est très engagé y compris en politique. Mais, Sam risque gros et devra passer devant le tribunal le 31 mars 2017 pour de lourdes accusations. La justice de son pays lui reproche des propos "incitant à la haine tribale et à la révolte militaire", note l'hebdomadaire Jeune Afrique

Sam qui était candidat lors des récentes législatives de décembre 2016 et qui n'a pas décroché de poste de député s'exprimait dans un meeting le 11 mars. Meeting au cours duquel il aurait prononcé les propos incriminés. Sam n'est pas du parti d'Alassane Ouattara et ne s'en cache pas. Lors des législatives c'est sous l'étendard du Front patriotique ivoirien (FPI) de Pascal Affi Ngessan qu'il se présentait à Youpougon. Sam qui avait été appelé à la barre pour témoigner contre Laurent Gbagbo, avait fait une déclaration qui montre clairement sa sympathie pour l'ancien président ivoirien jugé devant la Cour pénale internationale. 


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"L’homme que je connais a toujours voulu lutter pour la souveraineté totale de la Côte d’Ivoire. Et je pense que c’est pour ça, aujourd’hui, qu’il se retrouve ici", avait-il déclaré selon Jeune Afrique. "Il y a l’ONU, il y a l’Union européenne, c’est des gens qui se mêlaient des affaires intérieures de la Cote d’Ivoire. Et ça, le président en aucun cas ne pouvait accepter ça. […] Selon nos informations, les rebelles ont été transportés par les chars de l’ONU, discrètement", avait-il poursuivi. 



Lors de ce meeting du 31 mars, Sam aurait dit: "Si je suis libanais alors Alassane [Ouattara] est burkinabè. Parce qu’Alassane et moi on, a le même statut: il est Ivoirien, je suis Ivoirien. Il a une partie ivoirienne, j’ai une partie ivoirienne. Mais, lui, sa femme n’est pas Ivoirienne. Moi, au moins, ma femme est Ivoirienne". Mais, toujours selon l'hebdomadaire, l'inculpé nie catégoriquement les faits. 

En réalité, la question de "l'ivoirité" du président Alassane Ouattara a été à l'origine de beaucoup de débats et a alimenté le conflit dont est sorti le pays depuis 2010. En effet, le président ivoirien est né au centre de la Côte d'Ivoire, mais a servi au Burkina Faso ou plutôt l'ancienne Haute-Volta en tant que fonctionnaire. Ses adversaires politiques se sont servis de cela pour lui nier la nationalité ivoirienne à partir de la fin des années 1990. 

Le 21/03/2017 Par Ismail Traoré