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Côte d’Ivoire: une découverte d'armes relance la lutte des clans autour de Ouattara

Mise à jour le 18/05/2017 à 12h03 Publié le 18/05/2017 à 08h00 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Politique
Cache d'armes
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#Côte d’ivoire : La dernière mutinerie va-t-elle remettre au goût du jour les querelles entre les pontes du régime d’Abidjan? Des armes de guerre retrouvés chez un proche de Soro Guillaume réveille les suspicions au cœur du pouvoir.

Pour une fois que le nom de Guillaume Soro n’avait pas associé au mouvement d’humeur des soldats mutins, ce sera cette fois son proche collaborateur qui en fera les frais. Koné Kamaraté Souleymane dit «Soul to soul», le très officiel chef de protocole du président de l’Assemblée nationale ivoirienne, aurait eu une cache d’armes de guerre dans son domicile de Bouaké.

Le fait est que dans la nuit du dimanche au lundi, des mutins s’étaient rendus à son domicile et y avaient dénicher une importante cargaison d’armes de guerre et de munitions. Des armes neuves  qui servi ont servi au «rodéo» des mutins et qui soulèvent bien d’interrogations.  


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Que pouvaient bien faire ces armes chez cet intime de Soro, six ans après la fin de la rébellion? Pourquoi ce domicile a été l’un des rares pillés dans la ville durant ces heures chaudes? «C’est un complot?» crie le mis en cause. «Je suis surpris. On me parle d’armes chez moi. Je m’inscris en faux. A Sakabo, non loin du lycée moderne Il, réside ma mère (…). C’est cette résidence qui a été pillée. Rien n’a été laissé. Tout a été pillé», a-t-il confié à la presse.

«On me dit que les mutins sont allés récupérer des armes dans cette résidence où ma mère habitait. Mais, je veux qu’on me donne des preuves. Par ces temps de portables avec caméras, je pense qu’on pouvait faire des photographies ou faire des films. Moi, je ne me reproche de rien», se défend-t-il.


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Ce mardi, la gendarmerie ivoirienne a effectué une perquisition du domicile et a fait les constats d’usage. «Une enquête est bien en cours » a souligné le ministre de la Défense Alain Donwahi, dans la soirée. Une enquête dont les conclusions, si elles étaient rendues publiques, pourraient être explosifs.

En attendant, dans l’entourage du président de l’Assemblée nationale, l’on ne se prive pas de dire que c’est en réalité Soro Guillaume qui est visé par ce qui est taxé de «vaste complot pour l’affaiblir». Selon eux, ces armes y été déposés exprès pour l’éclabousser.

Une thèse en lien avec les querelles qui minent les cercles du pouvoir autour d’Alassane Ouattara entre une tendance menée par le premier ministre Gon Coulibaly et son ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko et une autre conduite par Soro. 

Brouille Ouattara-Soro

Et pour ne rien arranger, les rapports entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro seraient loin d’être au beau fixe. Selon la livraison de la ”Lettre du continent” de ce 17 mai, ce dernier a été éloigné des dernières négociations ayant abouti à un accord avec les soldats mutins, tous issus de l’ex rébellion. Ce, alors que Soro Guillaume avait bien été au cœur des tractations qui avaient permis le retour au calme lors de la mutinerie en janvier dernier.


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Ces accusations ne sont pas sans rappeler plusieurs rapports internationaux faisant état de l’existence de cache d’armes, sous le contrôle de Soro Guillaume, dans le nord du pays. Il y a un an en effet, des experts de l’ONU évoquaient dans un rapport que le patron de l’ex rébellion et ses proches détenaient environ 300 tonnes d’armes hors de contrôle de l’armée ivoirienne. Des armes qui auraient alimenter un trafic d’armes dans le Sahel et en Centrafrique, avait accusé en novembre dernier l’ONG anglaise CAR (Conflict Armement Research).
 
Une chose est sure, si le paiement des primes réclamées par les mutins devra faire tomber la tension dans le pays, il aura remis en selle les rivalités au sein du régime ivoirien.
 
Le 18/05/2017 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet