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Côte d’Ivoire: l'opposition surfe sur la mutinerie pour acculer le pouvoir

Publié le 18/05/2017 à 16h55 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Politique
Alassane Ouattara
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#Côte d’ivoire : L’opposition ivoirienne accuse le pouvoir de «légèreté» dans la gestion de la mutinerie et en profite pour plaindre sa démarche. Elle l’accuse surtout d’avoir payé «une rançon» pour une «paix éphémère».

L’opposition ivoirienne a trouvé une occasion rêvée pour acculer le pouvoir en place et espérer exacerber l'indignation de nombre d'Ivoiriens. La toute nouvelle coalition de l’opposition, «Ensemble pour la démocratie et la souveraineté» (EDS, la plus importante dunpays), ne s’est pas fait prier pour «tacler» la majorité. Dans une déclaration signée de son président Armand Ouégnin, ce jeudi, EDS estime  que le pouvoir a adopté une «démarche de fuite en avant qui a mis le feu aux poudres».

«Pour ne pas faire face à ses engagements vis-à-vis de ses soldats, Alassane Ouattara a organisé une mascarade au palais présidentiel, le jeudi 11 mai 2017, à l’issue de laquelle il a fait dire à un groupe de soldats qu’ils renonçaient définitivement à leur revendication financière», a martelé la plateforme de l’opposition.


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Avant de rappeler que la note sera bien salée, l’État ivoirien devant encore «débourser plus de 59 milliards auxquels s’ajoutent plus de 42 milliards FCFA débloqués en janvier dernier (pour payer la première tranche de primes, ndlr), soit un total de plus de 101 milliards de FCFA (soit environ 154 millions d'euros, ndlr) au profit des mutins».

«Pendant ce temps, les fonctionnaires et agents de l’Etat sont sommés d’observer une trêve sociale, là où ils sont en droit d’attendre de l’Etat l’application de leurs bonifications indiciaires», soutient-elle. 

De son côté, Pascal Affi N’Guessan, président statutaire du parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, a affirmé, dans un communiqué publié ce jeudi, que «le FPI s’étonne que le gouvernement ne choisisse pas une voie structurelle de règlement de cette crise et préfère plutôt opter pour la voie conjoncturelle du paiement d’une rançon en vue d’obtenir une paix éphémère».


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Liberté et démocratie pour la République (Lider, opposition), le parti de Mamadou Koulibaly, ex-président de l’Assemblée nationale, a appelé à la mise sur pied d’une enquête parlementaire à l’instar de plusieurs ONG ivoiriennes, afin que les Ivoiriens comprennent tous les contours de cette crise.

Pendant ce temps à Abidjan, la rumeur voudrait que le président Alassane Ouattara ait menacé de démissionner, excédé par l’attitude des mutins.
 
Malgré tout, quatre jours après la crise, le pays a retrouvé son cours normal. Le chef de l’exécutif ivoirien a reçu mercredi le soutien des organisations régionales, notamment celles de l’UEMOA et de la CEDEAO, dont les dirigeants ont fait le déplacement à Abidjan.
 
Le 18/05/2017 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet