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#Société

Abidjan: les gbaka, ces minibus tant haïs mais indispensables pour le transport

Publié le 08/01/2022 à 10h41 Par notre correspondant à Abidjan - Olive Adjakotan

#Côte d’ivoire : A Abidjan, nul ne peut se passer des gbaka (minibus de 18, 22 ou 32 places). Ils sont incontournables dans le transport en commun, parce qu'accessibles financièrement. Cependant, ils sont très décriés pour leur récurrente implication dans les accidents de la circulation.


Minibus de 18 à 32 places, les gbaka sont l'une des alternatives dans le transport en commun en Côte d’Ivoire. La population les emprunte régulièrement pour pallier l'insuffisance de bus de la Sotra, le service public de transport.

Excepté les communes de Cocody et du Plateau, les gbaka desservent plusieurs lignes dans tout Abidjan, la capitale économique ivoirienne. Selon une récente étude de la Banque mondiale sur le transport en Côte d’Ivoire, plus de 3,4 millions de personnes se déplacent chaque jour à Abidjan et 65% d'entre elles empruntent les gbaka et wôrô-wôrô. La course en gbaka coûte entre 100 et 500 FCFA (0,15 et 0,76 euros). C'est donc un moyen de transport à la portée de tous.

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«Sans les gbaka, parcourir Abidjan ne serait pas facile. Quand tu dois quitter Yopougon pour Adjamé, Abobo pour Adjamé, Yopougon pour Bingerville, les taxis compteurs te demanderont entre 5.000 et 10.000 FCFA (7,60 et 15,25 euros), or avec les gbaka avec 200 FCFA ou 500 FCFA tu peux facilement relier la destination», affirme Tom de Genèse, un artiste et utilisateur de gbaka.

Permis de conduire obtenus sans passer par les auto-écoles, contrôle technique douteux des véhicules, alcool au volant, mauvaise conduite, insolence surtout des apprentis, récurrentes bagarres entre clients et apprentis, problème de monnaie, floraison de gares routières illégales gérées par d'obscurs syndicalistes appelés gnambro, non régularisation des pièces afférentes aux véhicules, implication régulière dans les accidents de la route... La liste des reproches faits aux gbaka est longue.


«Sincèrement, c’est par manque de moyen que j’emprunte les gbaka et une fois que je suis à bord du véhicule, je prie le bon Dieu pour arriver saine et sauve à ma destination car ils font du n’importe quoi. Franchement qu’ils changent de comportements», déclare Nafissatou Konaté une vendeuse et utilisatrice de gbaka

D'après les données de 2018, on dénombre 8.000 gbaka en circulation à Abidjan. Chaque gbaka verse une somme journalière de 20.000 FCFA à 30.000 FCFA (30 à 75 euros) à son propriétaire et le reste de la recette du jour est partagé entre le chauffeur et son apprenti. Mais la mise en service du métro d’Abidjan, prévue pour 2024, pourrait mettre un frein à la suprématie des gbaka.

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«Avec la prochaine arrivée du métro, on sait très bien que nous, les gbaka sommes en danger. Voilà pourquoi on essaie d’améliorer nos véhicules de transports, pour les adapter à la nouvelle vision que le gouvernement veut imposer au secteur du transport», souligne Dramane Ouattara, 4e vice-président de la fédération des syndicats de chauffeurs de Côte d’Ivoire.

Absence et insuffisance de gares, multiplication des sens interdits, tracasseries routières de tous genres sont autant de griefs que les gbaka eux aussi portent contre les autorités. Ces défis d'actualité freinent selon eux leur épanouissement dans le secteur du transport.

Le 08/01/2022 Par notre correspondant à Abidjan - Olive Adjakotan