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Mali: l'hécatombe continue au sein des Casques bleus de la Minusma

Publié le 19/12/2017 à 19h07 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Politique
Minusma
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#Guinée : Un Casque bleu guinéen a succombé à ses blessures suite à une attaque armée contre la Minusma. Même si une polémique est née quant à la cause exacte de ce décès, une chose reste sûre: la mission onusienne au Mali reste la plus meurtrie sur le continent.

Sur son site d’actualités, l’ONU a indiqué que le Casque bleu guinéen a succombé à ses blessures suite à l'une des quatre attaques menées contre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), vendredi dernier, à Kidal.

«Le soldat de la paix a succombé à ses blessures à la clinique Pasteur de Bamako, a annoncé lundi la MINUSMA sur son compte Twitter. La Mission a présenté ses condoléances au gouvernement de la Guinée ainsi qu'à la famille du défunt», poursuit l’article de l’Organisation des Nations unies.

En Guinée, une source proche du ministère de la Défense, citée par le site Guineenews.org, reconnaît que le sous-lieutenant Idrissa Traoré est bel et bien décédé à la clinique Pasteur de Bamako. Mais pas de blessure. Il serait malade depuis plus d’une semaine. «Celui qui a été blessé à Kidal est toujours vivant, il est sergent-chef et s’appelle Mamadou Lamarana Bah. Il est hospitalisé dans la même clinique à Bamako», précise la source.


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Vendredi dernier, les Casques bleus de la MINUSMA ont effectivement repoussé quatre attaques à Kidal. A part celui annoncé mort, un autre Casque bleu et trois civils ont été blessés lors de ces attaques, selon le site onusien.

Si la version onusienne est la bonne, la Guinée compterait 14 soldats tués dans la lutte contre le terrorisme au nord du Mali. En 2015, deux premiers soldats avaient été tués dans une attaque terroriste, sept en mars 2016 et quatre en juin 2017. Un bilan qui est loin de décourager les autorités guinéennes qui ont récemment envoyé un troisième bataillon au Mali.

Au-delà de la Guinée, c’est l’ONU qui perd beaucoup dans la lutte contre le terrorisme au nord Mali. En effet sur les quinze opérations de maintien de la paix de l'ONU engagées dans le monde, la Minusma est celle qui paie le plus lourd tribut. Environ 150 Casques bleus ont été tués depuis la création de cette force onusienne en 2013.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Les djihadistes avaient été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, et qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques malgré la signature d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes…
Le 19/12/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou