Fermer

Guinée: le romancier engagé Thierno Monénembo récompensé par le Grand prix de la francophonie

Mise à jour le 24/06/2017 à 09h58 Publié le 24/06/2017 à 08h32 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Culture
Thierno Monenembo

#Guinée : Déjà lauréat du prix Renaudeau en 2008, le célèbre romancier guinéen Thierno Monénembo a reçu jeudi 22 juin le Grand prix de la francophonie décernée par l'Académie française. Une nouvelle distinction pour un écrivain qui ne fait pas l'unanimité dans son pays.

Thierno Monénembo, écrivain guinéen, s’est vu décerner le jeudi 22 juin à Paris, le grand Prix de la francophonie, une des plus hautes distinctions de l’Académie française.

Ce prix couronne «l’œuvre d’une personne physique francophone qui, dans son pays ou à l’échelle internationale, aura contribué de façon éminente au maintien et à l’illustration de la langue française».

Il est l’auteur de plusieurs publications dont Les crapauds-brousse, Peuls, Le roi de Kahel récompensé par le Prix Renaudot en 2008, Le Terroriste noir, Les coqs cubains chantent à minuit.

Thierno Monénembo est né le 21juillet 1947 en Guinée. Il s’est exilé en 1969 au Sénégal, puis en Côte d’Ivoire avant de regagner la France, en 1973, pour y poursuivre ses études.

Mais le natif de Mamou -ville située à 200 kilomètres de Conakry-, écrivain prolifique reconnu, est aussi connu pour ses déclarations qui suscitent des controverses.


LIRE AUSSI : L’écrivain Bernard Dadié reçoit le premier prix Jaime Torres Bodet de l’Unesco


«Je ne mange pas avec ceux qui mangent l'Afrique», la dernière déclaration qu'il a opposée à une invitation à un dîner offert par François Hollande à Alpha Condé à Paris, avait ravivé la contestation dont il fait l'objet en Guinée.

Ses détracteurs dont des partisans du pouvoir, l'avaient tâché d'avoir exprimé son opposition au président Condé, lui qui a toujours été vu au côté de Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l'opposition. Certains de ses détracteurs sont allés jusqu'à le qualifier (à tort ou à raison?) d'ethnocentrique.

Si Thierno Monénembo est très contesté sous Alpha Condé, c'est parce qu'il n'a jamais été tendre avec le pouvoir de celui-ci. L'écrivain qualifie le locataire de Sékhoutoureya de «chouchou» de la Françafrique.


LIRE AUSSI : Guinée: accusations et révélations sur les massacres de septembre 2009


Face aux critiques, l'écrivain a toujours assumé son appartenance à l'opposition. «Tout le monde sait que je ne suis d'aucun parti politique, mais je peux me réclamer de l'opposition», a récemment expliqué l'écrivain dans une interview accordée à un site guinéen suite à sa participation à une marche de l'opposition. «Hier aussi, du temps de Lansana Conté, j'étais dans l'opposition et pour être clair je me suis toujours opposé à tous les régimes qui se sont succédé. A ce moment-là, il y avait un monsieur dans l'opposition appelé Alpha Condé», a-t-il précisé.

En effet, avant Alpha Condé, Thierno Monénembo était devenu célèbre pour avoir dénoncé le silence de la communauté internationale sur le massacre de plus de 150 Guinéens au stade de Conakry en 2009. «La Guinée se meurt, le monde a le droit de le savoir, le monde a le devoir de s'en indigner. Les Guinéens méritent la compassion des autres nations... La Guinée se meurt, et il y a cinquante ans que cela dure: cinquante ans d'indépendance, cinquante ans d'enfer!», avait-il écrit dans un article publié par le journal Le Monde.

Il faut signaler que le Grand prix de la francophonie est doté de 30.000 euros.

Le 24/06/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

à lire aussi